Que veulent les États-Unis au Niger ?

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Dr. Mohamed BENOMARI

 

Pourquoi les États-Unis s’impliquent au Niger ?
Le chargé des Affaires étrangères des États-Unis, M. Antony Blinken, a choisi la voie du dialogue pour éviter que la prise du pouvoir par la junte militaire au Niger le 26 juillet ne dégénère en une guerre, à une année de la présidentielle aux Etats-Unis, en 2024.

Contrairement à Paris, Washington joue la carte du dialogue avec le régime militaire qui a pris le pouvoir au Niger, pour préserver ses drones sur place et éviter une guerre impopulaire. Les Etats-Unis ont investi plusieurs centaines des millions de dollars au Niger dans le cadre de la lutte contre le terrorisme djihadiste. Washington veut y maintenir ses forces, dont sa précieuse base équipée de drones armés MQ-9 Reaper, près d’Agadez. De là, les Américains surveillent les groupes djihadistes au Sahel, au Mali ou au nord du Nigeria, mais ils ont aussi un œil sur la Libye et l’Algérie, explique Leslie Varenne, de l’Institut de veille et d’étude des relations internationales et stratégiques (Iveris).

L’autre raison est que les paramilitaires russes de Wagner pourraient rappliquer ; comme ce fut le cas au Mali voisin, après le coup d’État de 2021.
Ainsi, les diplomates de Washington jouent la carte du dialogue, pour éviter une nouvelle guerre, sur un nouveau territoire, alors que les élections de 2024 se préparent. Le départ piteux d’Afghanistan (août 2021) est encore un lourd bagage sur le dos de Biden et les financements pour soutenir l’Ukraine, alors que le conflit s’enlise, passent de plus en plus mal dans l’électorat, avance Leslie Varenne.

Cette ligne est à mettre au regard du camp des durs, dont fait partie la France, le Sénégal et le Nigéria, qui soutiennent une intervention armée pour rétablir le président démocratiquement élu Mohamed Bazoum, comme décidée très (trop) rapidement par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao).

Quels sont les alliés de Washington ?
Le Wall Street Journal a repéré un précieux allié au cœur de la junte : le général Moussa Salaou Barmou, nommé chef d’état-major des armées par le nouvel homme fort du pays, Abdourahmane Tiani. Ce militaire a été formé à Washington DC. C’est lui qui a accueilli l’expérimentée diplomate Victoria Nuland, lundi 7 août, pour des entretiens qualifiés de francs et difficiles. Les États-Unis disposent avec Barmou d’un canal diplomatique ouvert, pour savoir ce qu’il se passe au cœur de ce régime, confirme l’analyste de l’Iveris.

Le camp Washington a-t-il gagné ?
L’idée d’un conflit semble s’éloigner. Les spécialistes de la politique africaine s’accordent à dire que la Cédéao ne se lancera pas dans une intervention armée si les États-Unis ne la veulent pas. Le président du Nigeria, Bola Tinubu, à la tête de la Cédéao actuellement, qui était le plus va-t-en-guerre le 27 juillet, laisse désormais une porte ouverte à la poursuite du dialogue.

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