Entre sécheresse et stress hydrique,  SRM Souss-Massa cherche des solutions d’avenir à Munich

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Sara Amghar – Maroc

 

 

Avec la succession des années de sécheresse, la baisse des précipitations et la pression croissante sur les ressources en eau, la question hydrique s’impose comme un défi majeur dans la région du Souss-Massa. Une réalité qui pousse les acteurs du secteur à accélérer la recherche de solutions durables pour garantir l’accès à l’eau.

C’est dans ce contexte que la Société régionale multiservices Souss-Massa a participé au salon IFAT 2026, organisé à Munich en Allemagne. Ce rendez-vous mondial figure parmi les plus grands événements dédiés aux technologies de l’eau, de l’environnement et de l’énergie, réunissant experts, institutions et industriels autour des solutions de demain.

Cette édition a rassemblé plus de 142 000 visiteurs et marqué la célébration de la soixantième édition du salon. Les échanges ont principalement porté sur le stress hydrique, le changement climatique et l’économie circulaire, avec un objectif clair : repenser la gestion des ressources naturelles face à leur raréfaction.

Sur place, un constat s’est imposé : la nécessité de passer d’une gestion réactive à une gestion anticipative et basée sur l’innovation. Pour le directeur général de la Société régionale multiservices Souss-Massa, Mohamed Amerzag, la gestion de l’eau entre dans une nouvelle phase fondée sur la technologie, la donnée et la digitalisation.

Il explique que ce que le monde vit aujourd’hui traduit un changement profond dans la manière d’aborder la question des ressources naturelles, avec un passage d’une logique de consommation à une logique de préservation et de durabilité.

Selon lui, le défi ne se limite pas à la rareté de la ressource, mais concerne aussi les pertes enregistrées dans les réseaux. Cela implique une modernisation progressive des infrastructures et un recours accru aux outils numériques pour améliorer le suivi et la performance du service.

Le salon a mis en avant les technologies dites d’eau intelligente, reposant sur l’intelligence artificielle, les capteurs connectés et les satellites. Ces solutions permettent de détecter les fuites, d’analyser les flux en temps réel et d’optimiser la gestion des réseaux, un enjeu particulièrement important pour des régions soumises à un stress hydrique élevé comme Souss-Massa.

Autre sujet central abordé à Munich : la réutilisation des eaux usées traitées. De plus en plus considérée comme une ressource stratégique, elle s’inscrit dans une logique de réduction de la pression sur les ressources conventionnelles. Pour Mohamed Amerzag, cette orientation est particulièrement pertinente dans une région où l’agriculture joue un rôle essentiel.

Il souligne que cette ressource peut constituer une solution importante pour soutenir certains usages agricoles et réduire la dépendance aux ressources classiques, notamment dans un contexte de forte tension hydrique.

Le concept d’économie circulaire a également occupé une place importante dans les discussions. Il consiste à transformer les stations d’épuration en véritables unités de valorisation, capables de produire de l’eau réutilisable, de l’énergie et des matières valorisables.

Dans cette dynamique, la valorisation des boues issues du traitement pour la production de biogaz et d’électricité représente une piste prometteuse. Elle permet de réduire l’empreinte carbone tout en améliorant l’efficacité énergétique des services publics.

Les technologies de dessalement de l’eau de mer ont également suscité un fort intérêt, notamment les solutions à faible consommation énergétique. Cette approche s’inscrit dans les efforts déjà engagés au Maroc, en particulier dans la région de Chtouka et du Grand Agadir, devenue une référence nationale en matière de sécurisation de l’approvisionnement en eau potable et de soutien à l’activité agricole.

Par ailleurs, les outils numériques de gestion des risques climatiques ont été largement présentés. Ils permettent de simuler les épisodes de sécheresse ou d’inondation et d’aider les villes à anticiper les crises environnementales.

Pour le directeur général de la SRM Souss-Massa, l’avenir de la gestion de l’eau repose sur des systèmes intelligents capables d’anticiper et de réagir rapidement, bien au-delà des infrastructures classiques. La digitalisation apparaît ainsi comme un levier essentiel pour améliorer la qualité de la service public et renforcer la résilience des territoires.

Il insiste enfin sur le fait que la préservation des ressources en eau ne relève pas uniquement des institutions techniques, mais d’une responsabilité collective, qui passe aussi par la sensibilisation des citoyens à une utilisation rationnelle de l’eau.

Entre Agadir et Munich, Souss-Massa trace ainsi les contours d’un nouveau modèle fondé sur l’innovation, la technologie et l’économie circulaire, pour mieux faire face aux défis climatiques et à la raréfaction de l’eau.

 

 


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