Rachid Hamimaz
« Il s’en trouve parmi les gens qui te charme par les propos qu’il tient sur la vie de ce bas monde, allant jusqu’à prendre Dieu à témoin de la pureté de ses sentiments, alors qu’il est, au fond, le plus acharné des querelleurs » (Coran 2.204)
« وَمِنَ النَّاسِ مَن يُعْجِبُكَ قَوْلُهُ فِي الْحَيَاةِ الدُّنْيَا وَيُشْهِدُ اللّهَ عَلَى مَا فِي قَلْبِهِ وَهُوَ أَلَدُّ الْخِصَامِ »
Je publie un texte récent et important de Mohamed Touhami Harrak, dont je fournis la traduction en français. La version originale est en dessous. Je termine par un commentaire personnel destiné à alerter ceux qui sont enclins à succomber aux chants des sirènes. Dans l’Odyssée d’Homère, Ulysse les a fuis et conseille à ses marins de les fuir comme la peste.
Mohamed Touhami Harrak, écrivain, est soufi, affilié à une voie soufie. Il est titulaire d’un Doctorat en Lettres de l’Université Mohammed V de Rabat. Il est Responsable culturel et artistique de la Fondation Al-Dhakirin pour les recherches soufies et la musique Samâ’ – Rabat. Il est aussi Membre du Centre Khadija pour le soutien au Prophète (que la paix et les bénédictions soient sur lui). Il est Vice-président de la Fondation Moulay Abdellah Chérif pour les études et recherches – Section de Rabat, superviseur et producteur de nombreux programmes télévisés et radiophoniques sur le soufisme, notamment : “Ibad al-Rahman”, “Dhikr et Mudhâkara”, et “Marhaba bil Mustafa”.
Son article :
« L’environnement soufi pratique d’aujourd’hui souffre de diverses formes de falsification, de superstitions, de prolifération de “petits shaykhs” sans autorité, sans chaîne de transmission, sans lumière et sans science, de la domination des influences de “détournement”, des campagnes de “ravage” et des tentatives de “liquéfaction” qui affectent le concept même du soufisme, à la fois en théorie et en pratique, au point qu’il signifie tout et ne signifie rien… Une réalité avec de telles caractéristiques déformées brouille toute œuvre soufie sérieuse, sincère et véritablement renouvelante. Une telle réalité nécessite un éveil critique global de la part des intéressés pour sauver l’héritage des gens de la bienfaisance, en tant qu’héritage islamique éducatif, purificateur, spirituel, moral et esthétique collectif ; le sauver de cette “trivialisation” qui le vise, consciemment ou inconsciemment, par exploitation ou négligence. Et cela, au moment où la nation islamique a plus que jamais besoin de valoriser cet héritage, tant sur le plan intellectuel que spirituel et moral ; en bénéficier pour renouveler la pratique religieuse éclairée dans notre contexte contemporain ; et même en tirer profit de manière critique pour contribuer à traiter un certain nombre de dilemmes existentiels, spirituels et moraux qui cernent l’être humain contemporain en général ».
Mohamed Harrak
Commentaire
Ce texte de Mohamed Touhami Harrak publié sur sa page est une aubaine, car il attire l’attention sur un phénomène bien connu dans le soufisme : l’émergence de faux prétendants à la fonction de shaykh éducateur. Ce sont des imposteurs qui prétendent détenir le secret de l’éducation spirituelle. Le shaykh Sidi Hamza Al Qâdiri Boudchîch avait averti de son vivant qu’au temps de Sidi Jamal, le gnostique, apparaîtraient des usurpateurs cherchant à égarer les gens. Ces imposteurs ne peuvent se prévaloir d’aucune chaîne de transmission solide, mais comptent sur leurs talents d’orateurs, parfois leur « beau minois » et sur de fausses rumeurs leur attribuant une baraka représentée par une fausse relique appartenant au Prophète.
Le disciple doit savoir que, s’il a trouvé le maître authentique, il n’en existe pas d’autre. Par exemple Sidi Jamal Al Qadiri Boudchîch, est le shaykh, le gnostique arif bi llah, dont les parents et grands-parents sont des saints et des maîtres confirmés. Le rayonnement international de sa voie prouve la présence d’un secret puissant qui irradie aux quatre coins de la planète. Les faux prétendants sont comme ces pâtres avec une ou deux brebis qui les suivent. Que vaut leur poignée de suiveurs comparée à un mouvement planétaire autour du shaykh authentique Sidi Jamal ?
Le disciple doit s’éloigner de tout autre discours que celui de son shaykh. Si tu as trouvé la caverne d’Ali Baba, sache qu’il n’y a pas deux cavernes d’Ali Baba. Le disciple qui se tourne vers de faux prétendants s’égare et se perd. Il veut téter d’une mamelle au lait avarié, laissant la vraie mamelle. Quant à celui qui est en recherche spirituelle, il doit frapper à la bonne porte, se diriger vers la bonne maison. Deux conditions légitiment le shaykh authentique :
1. La possession d’une chaîne de transmission du secret divin remontant de manière ininterrompue jusqu’au Prophète. Un faux prétendant est incapable de la fournir et, même s’il tente de le faire, sa chaîne est trafiquée, falsifiée et son invalidité peut être facilement démontrée.
2. Les fruits de son éducation visibles sur ses disciples. Un chardon ne produit que des piquants. J’ai présenté ailleurs des exemples de vie de disciples qui ont rejoint leur Seigneur. Il faut lire ces témoignages pour comprendre qui est celui qui leur a permis d’être ce qu’ils sont.
Que le disciple, ou le chercheur de vérité, prenne garde. Sur le marché spirituel, il y a le vrai commerçant qui possède la vraie marchandise, et il y a les fraudeurs et tricheurs. Leur marchandise est avariée. Ce qui est particulièrement surprenant, c’est que sur ce marché spirituel en particulier, tous les imposteurs et fraudeurs se retrouvent, rivalisant les uns avec les autres par des méthodes de persuasion sophistiquées pour faire acheter leur marchandise. Par conséquent, il faut faire preuve de vigilance lorsqu’on pénètre sur ce marché où les dérives sectaires sont nombreuses et les tentations du Diable sont perfectionnées.
Dans le Saint Coran, Dieu dit : « Fuyez vers Allah ». Le disciple doit se réfugier auprès du shaykh qui, lui-même, se réfugie en Allah et incarne cette vérité coranique. Le vrai shaykh est unique, tout comme, pour reprendre une parole des saints, il n’y a qu’un seul serpent dans un trou, pas deux.
Pour donner une autre image de notre époque, le disciple a une seule chaîne TV sur son récepteur. Sa parabole est parfaitement orientée vers cette chaîne. Le disciple ne zappe pas. Il n’a d’ailleurs pas besoin de télécommande.






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