Les finalités majeures de la rédaction et de la recherche scientifique : Une introduction méthodologique pour cadrer les motivations scientifiques de la recherche

italiatelegraph

 

 

 

Dr. Abdallah Chanfar

 

 

En tant qu’étudiant chercheur en doctorat ou en master, ou chercheur indépendant, auteur ou écrivain, vous partez d’une interrogation essentielle et judicieuse: Pourquoi est-ce que je mène cette recherche? Plus précisément: Quel est l’objectif de cette étude et de cette exploration scientifique ?
Les sept grandes finalités de la rédaction et de la recherche scientifique rigoureuse constituent des principes méthodologiques établis par les savants anciens pour encadrer les intentions de l’auteur et orienter l’effort cognitif au service du savoir et de son développement.
Ces finalités ont formé un cadre de référence qui guide les chercheurs vers des buts clairs, donnant ainsi à la recherche une dimension fonctionnelle dépassant la simple répétition ou compilation.
En tant que chercheur, vous vous situez dans l’un des cas suivants:
1. L’innovation (Innovation et Création): Il s’agit de proposer une connaissance nouvelle ou des théories inédites, ou encore d’ouvrir des perspectives de recherche jamais explorées auparavant. C’est la finalité suprême de la rédaction scientifique, incarnant l’effort original et la rénovation méthodologique qui font progresser la science.
2. La rectification (Correction et Révision): Cela consiste à compléter ce que les prédécesseurs ont omis ou négligé, que ce soit pour combler un manque, corriger une erreur ou révéler un point peu traité. Cette finalité exprime un esprit de critique constructive et le souci de rééquilibrer le savoir accumulé.
3. L’explication (Exégèse et Commentaire): Elle vise à détailler les contenus d’un ouvrage antérieur en clarifiant ses significations, en expliquant ses termes et en exposant ses intentions. Cette finalité a été essentielle dans l’évolution du savoir, notamment dans les disciplines à textes concis, telles que le droit, la langue ou la théologie.
4. La synthèse (Abréviation et Vulgarisation): Elle consiste à présenter une matière étendue sous une forme condensée et accessible. Cette finalité est utile aux débutants et aux apprenants, en servant de passerelle vers des sujets vastes sans compromettre leur essence.
5. La compilation (Collecte et Documentation): Finalité de nature documentaire, elle consiste à rassembler une matière éparpillée dans différentes sources: textes, propos, récits. Elle facilite la comparaison et fonde des études analytiques futures.
6. L’organisation (Classement et Structuration): Cette finalité vise à réorganiser une matière scientifique de manière à la rendre plus lisible et exploitable, par exemple en suivant des classifications juridiques ou des approches méthodologiques modernes.
7. La révision critique (Correction et Édition critique): Elle repose sur la révision des œuvres existantes afin d’en éliminer les erreurs scientifiques, méthodologiques ou typographiques. Ce travail est essentiel pour l’édition de textes, la clarification des inexactitudes et la protection du savoir contre les altérations.
Une question: Existe-t-il d’autres finalités ou objectifs novateurs en dehors de ces sept finalités classiques de la recherche scientifique?
Réponse: Oui, il est possible de théoriser de nouvelles finalités qui dépassent le cadre septénaire traditionnel, notamment à la lumière des évolutions scientifiques et technologiques, de la diversification des outils de recherche et de l’interdisciplinarité croissante.
Les finalités classiques (innovation, commentaire, correction…) restent valables dans des structures de savoir traditionnelles, mais elles ne suffisent plus, à elles seules, pour encadrer les objectifs des chercheurs contemporains.
Voici quelques finalités émergentes qui prennent une importance croissante dans la recherche scientifique moderne:
• La synthèse intégrative (Synthèse): Dépasse la simple compilation ou comparaison, elle vise à intégrer des éléments issus de différentes écoles ou courants dans une conception complexe qui transcende les cadres initiaux.
Exemple: un chercheur qui combine une théorie sociale avec un modèle mathématique pour créer un nouveau paradigme analytique.
• La critique et la déconstruction (Critique et Déconstruction): Va au-delà de la simple correction pour dévoiler les structures cachées dans les textes ou les systèmes cognitifs, en déconstruisant les fondements implicites et les présupposés idéologiques.
Courante dans la pensée postmoderne, les études critiques et la philosophie contemporaine.
• L’analyse numérique et l’intelligence artificielle: Utilise des outils numériques avancés (IA, big data…) pour extraire des patterns ou concepts à partir d’énormes quantités d’informations.
Exemple: employer des algorithmes pour révéler les structures sémantiques de milliers de manuscrits arabes.
• L’empowerment et l’impact social (Autonomisation & Impact): Finalité visant à transformer concrètement la réalité sociale, soutenir des groupes marginalisés ou influencer les politiques publiques.
Fréquent dans les recherches sur le genre, le développement ou la justice environnementale.
• La traduction civilisationnelle et la médiation culturelle: Transférer le savoir entre contextes civilisationnels différents tout en respectant l’équité cognitive et la représentativité culturelle.
Exemple: traduire des concepts philosophiques occidentaux vers l’arabe dans une langue adaptée à la critique islamique contemporaine.
• La remise en question épistémologique (Interrogation épistémique) : Met en question les sources de production du savoir, les autorités scientifiques, et les critères définissant ce qui est considéré comme science ou vérité.
Cœur de la philosophie des sciences et de la critique du savoir colonial.
• L’alerte et l’avertissement (Alerte & Prévention): N’a pas forcément vocation à proposer des solutions, mais à mettre en garde contre des risques scientifiques, environnementaux ou sociétaux.
Exemple: études sur les risques climatiques, ou les dérives possibles des biotechnologies.
• Conclusion:
L’intégration de ces finalités novatrices ne nie pas la valeur des finalités classiques, mais les complète, élargissant ainsi le champ de l’action scientifique et redéfinissant le rôle du chercheur dans l’ère numérique et post-cognitive.

italiatelegraph


Potrebbe piacerti anche
Commenti
Le opinioni espresse nei commenti sono degli autori e non del italiatelegraph.
Commenti
Loading...