Par : M’barek Housni *
Déjà 2020 était une année symbolique avec ses chiffres 2 et surtout ses chiffres 0. Et en fait de symbolisme, elle l’a été (et elle l’est encore) largement mais en plus négative. Un zéro tout rond pour cause de l’épidémie qui a tout arrêté, qui a freiné tout. Une année de crise inégalable, de gros chocs, pire que celle de 1929 !
Alors prédire ce que serait l’année à venir paraît assez imaginable. Cet exercice de prédiction si difficile auparavant paraît abordable du fait que l’avenir proche ne ferait que gérer les conséquences colossales de l’épidémie transfrontière dont le bout, cette fin attendue mais encore incertaine, nage dans un grand flou.
La donnée sanitaire a tout faussé en matière de chiffres optimistes à souhait précédemment établis partout. Et en même temps a beaucoup éclairé les habitants de la terre sur bien des illusions et des incapacités.
Du fait qu’il n’y avait pas d’experts dans les pandémies, tous les financiers du monde, et autres économistes et leurs « vassaux et maîtres en même temps » que sont les politiciens surfaient sur des nuages d’autosuffisance trouée !
Retour sur la planète terre.
Ainsi, les deux grands faits qui frapperaient par leur réalisme béant l’année 2021 sont : l’arrêt de l’évolution de la production des richesses, comptables en PIB, et l’augmentation du taux de chômage, avec un basculement vers la pauvreté dans les pays du sud en développement où l’économie informelle est le plus souvent la norme.
Logique économique implacablement triste.
Alors que faire ? En premier lieu, l’urgent est clair pour tout le monde. La première moitié de 2021 sera consacré à la vague de vaccination à l’échelle planétaire. Bill Gates avait prédit lors d’une interview accordée à Paris-Match en août de cette année :« Je pense que fin 2021 le Covid sera derrière nous » tout en ne cachant pas qu’il est « .. très inquiet. Je regrette amèrement qu’on n’ait pas agi plus tôt. Si nous avions investi dans les bons outils, nous aurions pu contenir le Covid-19 et éviter la catastrophe que nous connaissons »
La catastrophe est un mot bien petit et restreint pour décrire ces longs mois de folie qui ont ravagé le monde et continuent de le faire avec cette cohorte de victimes dans les cinq continents et surtout le peu de perspectives un tant soit peu rassurantes. Le défi est là. Et pourtant tout sera fait, nous disent les décideurs entre deux passages de fumée opaque.
En premier lieu « le défit de parvenir à faire en sorte que les économies se relèvent de ce choc. Celui de rebâtir une mondialisation qui tire profit des interdépendances tout en se préoccupant des vulnérabilités qu’elles engendrent. Celui de sauver le climat par la mise en place d’un régime de croissance radicalement différent » s’accordent à dire beaucoup d’universitaires. Des mots qui essaient d’insuffler du courage, mais vagues et d’une généralité désarmante. Mais qu’en est-il de la vie ? Aura-t-on un retour à la vie normale ? Celle d’avant ?
Rien de moins sûr !
Question sanitaire, les choses risquent de perdurer fort longtemps, ce qui empêcherait un retour à la vie normale du moment que les recherches continueront afin de trouver une réponse médicale définitive.
Et puisque la vie est tributaire de ce facteur et uniquement de celui-ci, le retour à la normalité d’avant est loin d’être acquis. De ce que fait, ce qui est le plus probable c’est une vie sous une cloche qui ne serait pas fermée mais transparente, celle de l’attente de sa dose de vaccin pour pouvoir croire à la sortie de crise à l’échelle individuelle mais dans le périmètre permis par les pouvoirs publics. En attendant marquons-nous la moitié du visage…
* Écrivain et chroniqueur






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