Abdellah Mechnoune
Pour italiatelegraph.com Un dialogue de transparence avec l’activiste politique et militante en droits humains TOUGHARAI Wafa. Ex-membre du Comité Central du PPS pendant 12 ans et membre du Bureau National du courant ” Kadimoune ” pour faire face aux abus de Nabil Benabdelah, Secrétaire général du PPS , et dénoncer la corruption au sein du parti ex – communiste .
TOUGHARAI Wafa nous éclaire sur sa position et sur son interprétation de la scène politique intérieure ainsi que le contexte national et international .
> Qui est TOUGHARAI Wafa ?
En toute modestie et par conviction que m’imposent le devoir sacré du militant , je suis tout simplement une militante issue d’un milieu familial enraciné dans la lutte pour l’indépendance . J’ai évolué et forgé ma personnalité dans l’enceinte du nationalisme où l’on apprenait que le patriotisme n’est autre qu’un engagement impartial corps et âme pour les intérêts suprêmes de la nation . Un milieu où l’on recevait l’apprentissage dogmatique sur la patrie comme étant une vérité absolue et irréfutable . C’est également dans le fief de la politique que j’ai reçu les fondements confirmés et les confessions de base qui consacrent comme inviolable le principe de la souveraineté et de l’intégrité territoriale . Dans cette grande école la ligne de conduite est tracée comme étant un combat de fond existentiel constituant l’héritage d’honneur et la succession des générations futures . Un enseignement des grandes valeurs et qui est focalisé , de par son contenu , sur les générations du futur à qui revenait le rôle et le devoir de préserver le patrimoine national comme garant de leur essence et source de leur fierté et leur dignité .
> Qu’est qui a le plus marqué votre parcours à nos jours ?
Tout simplement tout ce que j’ai précédemment déclaré . Toutefois c’est certainement aussi ma conception personnelle de la cause du militant traduite en principes , en pensées et en actes d’engagement sans tractation ni fallacieuse interprétation . En outre la qualification de militant ne peut nullement être attribuée en vain ou par rétribution à ceux qui n’ont ni conviction sincère ni doctrine ou loyauté envers la patrie . La mission du patriote est un dévouement profond de même qu’un devoir et une position opiniâtre . Un combat sans compromis ni déviation ou dérive pour les bénéfices personnels . C’est malheureusement ce qu’est devenue la réalité des choses de nos jours .
Concernant mon itinéraire personnel relativement lié à l’action civile et bénévole depuis plus de vingt ans , que ce soit en rapport avec mes obligations civiles ou celles attachées aux droits humains je ne vous cache pas que mon parcours s’est richement soldé par un cumul d’expériences m’ayant permis d’affermir ma personnalité et mes résolutions tout en approfondissant mon expérience personnelle . L’engagement dans des initiatives humaines et sociales s’est couronné et s’est concrétisé par un impact très positif et payant sur le plan moral dans ma vie et celle de ceux avec qui j’ai partagé ma vision et mes actions . Je me dois en outre de vous faire la confidence que je n’ai en aucune façon convoité des objectifs spécifiques à travers mon action civile ou politique . Néanmoins je n’ai jamais manqué de nourrir le dessein d’enrichir et de promouvoir mon expérience humaine et professionnelle et de viser le rôle principal quant à la mission de l’enseignante vouée à sa cause sur le plan intellectuel et éducatif . Il a fallu partir en quête d’un équilibre moral et spirituel liant logiquement la pratique du métier et le devoir , au service de l’intérêt général et au service du citoyen et plus particulièrement au profit de l’enfance et de la jeunesse comme piliers incontournables de l’avenir. Je me dois de noter à propos de ce fait que j’ai constamment veillé à rester proche des jeunes de par ma profession et mon action , mais également de par ma foi , car la jeunesse reste l’ultime et l’exclusive carte blanche d’accès à l’avenir d’une nation et qu’elle est elle même le trait d’union pour la préservation de son intégrité et de sa force . Cela a toujours été pour moi une évidence et une cause à défendre , à savoir la valorisation de l’histoire , de la civilisation , des générations et du potentiel humain d’une nation . Il s’agit là d’une évidence universelle et non d’un calcul ou considérations hasardeuses et non fondées .
> Quelle lecture faîtes-vous du contexte actuel en ce qui concerne la situation intérieure du pays?
Concernant la situation intérieure de notre pays nous devons reconnaître que les grandes orientations et l’ensemble des décisions officielles prises tout au long de ces vingt ans et qui ont touché les secteurs vitaux que ce soit sur le plan social, économique ou gestionnaire, ou encore sur le plan diplomatique , nous nous devons d’admettre que ces décisions majeures ayant été relativement liées au rôle et au positionnement du Maroc au niveau régional, continental ou mondial, de même que les procédures accompagnantes, ont certainement permis au pays de garder une nette distance par rapport aux défis contraignants voire alarmants de l’instabilité politique et sécuritaire intérieure . En outre ce sont les mêmes orientations chapeautées par l’institution royale qui ont attribué au Maroc l’occasion de présenter, en vue d’une promotion réelle, un modèle de développement spécifique dans la région . De ce fait il serait ingrat de méconnaître la réalité qui a fait de notre pays un point d’exception dans un environnement régional et mondial instable et rythmé par la cadence ascendante des protestations et des mouvements sociaux . Sur le plan intérieur nul ne peut nier que les revendications populaires et les secousses ont été attisées par la faillite du système institutionnel, et par les pratiques et les décisions spéculatives et non commodes de l’institution exécutive et du pôle de la décision ou encore par la propagation de la corruption et l’absence de l’impunité de même que la mauvaise gouvernance du secteur socio économique . Toutefois et indépendamment de tous ces faux pas et imperfections de la gestion, le Maroc reste un pays de tous les défis de par son positionnement stratégique , et un pays capable de reproduire de lui même les conditions propices et requises pour une stabilité générale et institutionnelle à condition de s’y mettre avec la contribution et la sychronisation des volontés et des énergies ainsi que des forces vivantes de la nation . Cependant , s’attachant constamment à l’esprit critique et à l’esprit de l’analyse objective, et en rapport avec le contexte intérieur présent nous ne pouvons pas ignorer qu’une chute sans précédent accélèrée par l’indifférence et les résolutions boiteuses des responsables constitue l’une des causes majeures de l’échec social et institutionnel actuel. Partant toujours d’une interprétation non excentrique , on se doit de rappeler et d’attirer l’attention sur le fait que dans un contexte aussi perturbé on n’est nullement à l’abri des nombreux et complexes défis ou des tensions intérieures et extérieures démesurées, elles même nécessaires à l’immunité du pays . Dans le même sens il est légitime voire urgent de noter que l’indifférence et la fantaisie non sanctionnées des responsables restent un déficit de taille et de conséquences fâcheuses . On serait amené à s’interroger s’il ne s’agit pas là d’un esprit de conspiration et de connivence de la part de ceux qui sont dans la décision et la gestion de la chose publique . C’est de toute évidence cet esprit de profits et de pragmatisme négatif qui fait perdurer la crise au lieu de s’atteler de bonne foi à l’ouvrage dans le chantier national . De plus , ce qui reste inadmissible et incohérent c’est justement l’obstination de certaines parties à affaiblir le système moral au profit d’un système rétrograde et bassement matérialiste , notamment dans l’administration du secteur public et semi-public . Je réitére le constat irréfutable que le Maroc n’est aucunement à couvert des intempéries extérieures et mondiales . Le Maroc se trouve dans un tournant décisif et un contexte qui n’est pas isolé de la conjoncture internationale et du système mondial . Ce dernier ayant fondé par le pouvoir et la suprématie financière et économique , des règles du jeu malicieuses profitant en plus d’une volonté patriotique et une souveraineté extirpée chez les pays tributaires de la globalisation et de l’autorité des grandes forces . Le Maroc ne fait aucune exception dans ce sens , il est lui même dans l’assujettissement aux forces de la décision mondiale barricadées dans l’union souvent illégitime entre le pouvoir et les intérêts au détriment des nations . C’est un système qui ne reconnaît jamais le principe salutaire de l’interaction et de la solidarité dans le sens d’une justice sociale capable de réaliser l’équilibre logique des acquis et des avantages . C’est justement ce concours de circonstances mondiales avec tous leurs paradoxes qui établit le fait des choses au niveau intérieur et qui non seulement creuse davantage le fossé social mais accentue la crise en l’absence d’alternatives réfléchies , s’ajoute à cela l’handicap d’institutions publiques sans visibilité .
Il est impératif de revenir sur cette relation conditionnelle entre la crise actuelle de nos institutions publiques handicapées par l’échec de gouvernance et d’alternance , des institutions régénérant d’elles même leurs propres failles et la crise de l’Etat de même que celle de la société . En outre , vu la nature des choses , il serait utopique d’envisager la réalisation d’une quelconque réforme ou réconciliation entre les institutions d’un côté et les institutions et le citoyen d’un autre côté , essentiellement sur le principe ou la logique du compromis et de la négociation gagnant gagnant . Cela reste impossible à réaliser sans une rupture définitive avec la politique désastreuse de l’ extorsion à l’Etat et le chantage pour des privilèges exorbitants et non mérités et ce , au grand regret , de la part de toutes les parties .
> A quoi vous rattachez l’échec des partis politiques dans la mise en application du contenu constitutionnel et dans l’instauration et le renforcement du pont de confiance entre ces partis et le citoyen ?
> Nous devons admettre encore une fois que les partis politiques actuels ne reflètent plus , à travers leur discours et manigances les attentes du citoyen . De même qu’ils sont devenus incapables de convaincre par leurs offres et leurs programmes . Ce sont les mêmes partis qui ont perdu toute crédibilité ou habileté à présenter des réponses politiques et des alternatives réelles , transparentes et pro – citoyennes afin de faire face aux énormes défis de la conjoncture actuelle . De plus c’est cette même défaillance chez les partis politiques qui accentue les risques contre les intérêts suprêmes de la nation. Aujourd’hui dans une scène politique infectée et marquée par les ambitions aliénées des partis, de même que l’incompétence et la stérilité de leurs dirigeants , une telle réalité nous autorise légitimement à s’interroger sur l’avenir du champ politique ainsi que sur le rôle des partis supposés être des institutions de résorption des carences . Les partis politiques n’ont de statut conforme à la loi et au droit qu’à travers le sens du devoir vis à vis de la nation et pour l’intérêt public . Dans une autre perspective comment peut – on accorder aujourd’hui une quelconque accréditation aux partis marocains alors qu’ils ne sont plus qu’un groupement de statuettes uniformes en discours et en action , dans une architecture gouvernementale à alliance et à opposition simulacres et parodiques . Nous sommes au regret d’attester que les partis politiques sont devenus eux mêmes le motif principal qui entraîne l’antipathie et le désagrément du citoyen et contrecarre son adhésion au projet sociétal ou dans les institutions publiques . Les partis sont devenus eux mêmes un cadre anti social faisant propager la culture du pragmatisme et de l’intérêt de même que les valeurs destructives de tout esprit patriotique et de l’esprit de la participation et de l’interaction positive avec les valeurs générales . Devant une réalité aussi désolante le citoyen ne se considère plus dans ces groupements pseudo politiques et hybrides que comme un passant ou partisan provisoire . Un non participant se plaisant et se satifaisant dans le rôle du revendicateur passif …
C’est le même citoyen qui s’estime n’ayant plus de garanties concernant ses droits élémentaires et légitimes , et ce sur tous les plans aussi bien politique , que social et économique , notamment dans un contexte à variables complexes . A vrai dire nous avions en tant que citoyens nourri l’aspiration de réaliser, au moins depuis la conjoncture 2011, un pas de taille dans le processus de consécration et du renforcement des institutions , de même que dans le rôle fondamental de la société civile . On avait escompté le renforcement effectif du processus démocratique selon l’esprit et l’ingénierie constitutionnels et ce dans le dessein de réaliser la statique du développement , de la justice et de l’équité sociale au profit de la nation .Ce qui était préjudiciable dans cette phase depuis 2011 c’était justement les dégâts causés par les partis de notre échiquier et qui ont fait sombré davantage le pays dans les contradictions politiques et les déséquilibres sociaux . Ils se sont acharnés sans scrupule contre le citoyen et dans des querelles insignifiantes d’intérêts et d’humeur, de même que dans une course déchaînée et sans issue pour davantage privilèges . L’avilisssement flagrant qui a , et sans exception , frappé les partis politiques que ce soit dans la coalition ou dans l’opposition , notamment ces deux dernières décennies , de même que leurs corridas et leur galop démesurés pour les garanties individuelles et non citoyennes ; fait que nous ne pouvons plus ignorer le tort causé au pays . En outre le fait d’adopter un lexique et un discours “copier coller” et équivoque sur la démocratie, la dignité et la justice sociale , dénonce la paralysie générale de cet échiquier stérile et incapable de passer aux actions stratégiques majeures et à l’élaboration du projet politique et social du Maroc . La mascarade partisane ayant touché le plafond , ce qui est d’ailleurs discréditant à tous les niveaux , a fait que ce sont les partis qui revendiquent pour leur compte ce qui est de droit au citoyen au lieu de l’encadrer et de l’accompagner dans ses acquis et ses réclamations légitimes . Le farfelu voire le déraisonnable est que les partis actuels ne pouvant plus dépasser leur impasse quant aux propositions vaines et déconnectées du réel , ce sont incarcérés dans l’incapacité de traduire intelligemment la constitution ou de produire les alternatives au point de mettre en péril les intérêts de la nation et au point de se gonfler par la carte rouge de la nécessité d’une réforme de certains articles de la constitution, comme si la crise politique résidait seulement en cela et comme s’il ne s’agit pas de la même constitution qu’ils ont eux mêmes applaudi et prôné solennellement .
> Donc vous confirmez que les partis politiques actuels ne sont plus en mesure de produire les mécanismes de la médiation institutionnelle dont a besoin le citoyen pour faire entendre sa voix ?
> Votre réponse engendre elle même les contours et la maquette de la réponse dans la mesure où les partis politiques marocains ont réellement perdu toute valeur ajoutée et toute valeur de légitimité et ils ne représentent plus le pôle d’attraction pour le citoyen. Non seulement les parits politiques n’honorent plus leur contrat ni leur mission crutiale vis à vis de la société , mais ils sont à l’origine de la faille qui entrave la prise en charge du citoyen politiquement et moralement en tant que devoir incontournable , afin de le préparer à l’avenir et à la participation effective dans le processus du développement et de la démocratie . Les partis comme on l’a précédemment souligné représentent dorénavant le wagon en panne d’une locomotive qui tente difficilement d’assurer un bon départ , notamment en prenant en considération les efforts loués et les orientations stratégiques de l’institution royale , que ce soit sur le plan national ou extérieur et diplomatique .
> Comment qualifiez – vous le rôle des émigrés et des marocains du monde dans la consolidation de la culture de la citoyenneté et la préservation de la nation ?
> Je pense que la responsabilité de l’émigré ne s’arrête pas uniquement au devoir de mettre en valeur l’histoire , la civilisation et la culture de son pays , et l’obligation de préserver tout cet héritage riche et enraciné en le présentant au monde comme étant une boussole et un point lumineux et honorable . L’émigré qui s’expatrie à la quête d’une nouvelle situation sociale et matérielle s’écarte assurément de cette noble tâche . De ce fait il doit s’estimer et se considérer comme étant l’émissaire et l’ambassadeur accrédité de son pays .
Sa mission est de lever fièrement et glorieusement le drapeau de la nation , rendre hommage à ses racines dans les pays d’accueil et les forums internationaux ou continentals . L’émigré se doit , en outre , de présenter son pays comme étant une terre féconde et une source de potentiels et de compétences et non pas seulement un pays de transition des ressources humaines pour d’autres destinations . L’émigré est censé prendre conscience sans équivoque que son rôle doit être orienté par un esprit dynamique face à ce monde en permanents et excessifs mouvements de changement .Sa vision et sa visibilité doivent être gouvernées par une prise de position catégorique vis à vis d’une globalisation torrentielle qui ne reconnaît plus les fondements sacrés des sociétés et les identités des peuples de même que la diversité des cultures universelles . Nul ne peut ignorer la réalité accablante de ce système mondial dressé et consolidé par les intérêts et le pouvoir des lobbies . Un système à dimension gagnant gagnant et ce sur tous les plans , aussi bien financier que économique et politique .
Il faut noter qu’un autre élément également crutial dans cette relation universelle entre l’émigré et le pays d’accueil et traduisant de plus sa mission fondamentale reste celui de mettre en valeur son patrimoine culturel et civilisationnel . De ce fait , l’émigré doit être conscient de la mission qui l’incombe et qui s’étend à un rôle diplomatique parallèle . Un rôle relevant de ce qui est politique , savant , académique ou encore créatif dans divers secteurs .L’émigré est supposé établir les fondements d’un partenariat solide et varié avec les acteurs dans le pays d’accueil . Lui même , à savoir l’émigré , doit se focaliser sur l’examen des failles au niveau des institutions diplomatiques et officielles de son pays . Il est impérativement important de rappeler que la mission la plus valeureuse de l’émigré n’est autre que son plaidoyer pour la cause nationale , la souveraineté et l’intégrité du pays . C’est l’une des responsabilités qui doit assurément et sans condition engager l’émigré , loin de toute forme de spéculations , de surenchère ou d’opportunisme . La cause nationale en tant que lourde obligation et dénoncant par là même l’échec solennel des partis politiques doit dorénavant relever du nouveau rôle de l’émigré dans la diplomatie parallèle.






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