Par Samir Chaouki
Président de OMEGA think-tank
Depuis que les relations franco-algériennes se sont dégradées suite à l’affaire Boualem Sensal et le réseau des “influenceurs”, un courant de français à la solde du régime algérien s’est dévoilé au grand jour.
L’incarcération à Alger de l’écrivain Sensal et l’affaire de ces “influenceurs” qui menacent de semer le désordre et le terrorisme sur le sol français, ont révélé au grand jour la partie non visible de l’iceberg des accointances d’une élite franco-algérienne et d’une partie de politiciens “gauchos” avec le régime en place à Alger. En outre, la Direction Nationale du Renseignement Territoriale (DNRT) qui relève de la Direction Générale de la Police Nationale a rédigé une note sur les ingérences algériennes sur le territoire français. Des révélations qui donnent froid au dos car il s’agit d’une toile qui touchent des politiciens, des membres de la société civile, des responsables du culte musulman, des narco-traficcants..etc.
Qui sont ces relais qui font le tour de plateaux TV, qui s’insurgent au sein de l’Assemblée nationale, qui s’opposent au sein du parlement européen et au-delà pour dénoncer la posture de fermeté décrétée par la France afin de sauvegarder la sécurité de ses citoyens?
Les franco-algériens en tête de peloton
Le régime algérien a décidé depuis 2021 de renforcer ses relais au sein de l’hexagone en soutenant des candidats franco-algériens à s’accaparer des postes électifs dans les communes et même dans l’Assemblée nationale et le Sénat, mais surtout pour s’ériger en maires de certaines villes et arrondissements. Alger essaye aussi d’infiltrer l’ordre des médecins français pour mobiliser les 16.000 médecins algériens opérant sur le sol français pour défendre les intérêts du régime algérien quitte à déstabiliser l’ordre public à l’hexagone.
Il faut rappeler que la communauté algérienne en France est de 2,6 millions de personnes mais certains observateurs parlent même de 4 millions si l’on intègre une diaspora au sens large y compris les « pieds noirs », les immigrés en situation irrégulières …etc.
Parmi les figures les plus connues des plateaux télé on retrouve Kamal Zéribi, ancien député et ancien conseiller. Depuis qu’il a perdu ses sièges à l’Assemblée nationale et à la commune et surtout après ses déboires judiciaire en 2021, l’homme est devenu comme par enchantement la figure de proue du régime algérien dans les médias français. Pour rappel, Zéribi a été condamné en 2021, à trois années de prison en sursis, une amende de 80.000 euros et privation de tous ses droits civiques pendant cinq ans, par la Cour d’appel d’Aix-en-Province pour les délits d’abus de confiance et d’abus de biens sociaux. L’autre figure franco-algérienne surmédiatisée n’est autre que Hasni Abidi, directeur du Centre d’études et de Recherches sur le Monde Arabe et la Méditerranée (CERAM) qui passe son temps à relativiser les postures algériennes hostiles à la France et en accusant la droite et l’extrême droite françaises « d’attiser le conflit pour des raisons historiques ». Sur un autre registre, Nacer Khabat, président de la communauté algérienne établie en France (Moudaf), est connu par son allégeance totale au régime algérien quitte à se dresser contre la France, son pays de nationalité et de résidence, comme il a fait en 2023 lors de l’affaire Amira Bouraoui, une opposante franco-algérienne exfiltrée par les services de renseignement in-extrémis de Tunis vers Paris quand le régime tunisien s’apprêtait à la remettre aux autorités algériennes. Il ne mâchait pas ses mots en accablant la France : « Eu égard à ses propos offensants les règles de la République, elle ne peut être dédouanée par un pays tiers au détriment de la souveraineté algérienne » conclut-il !
Ce réseau s’articule aussi sur la Grande Mosquée de Paris (GMP) dont le recteur, Chems-Eddine Hafiz fut co-animateur avec Khabat de la campagne électorale algérienne dont 815.000 électeurs sont basées en France. Ce recteur connu de ses accointances avec le régime algérien pour mettre le culte musulman en France au service des intérêts d’Alger. Une source d’influence beaucoup plus que du simple soft power. D’ailleurs, ce n’est pas pour rien que l’Algérie a confié à Hafiz la certification « Halal » de la viande importée par l’Algérie depuis la France ce qui lui confère l’exclusivité de la taxe « Halal » estimée à plus deux millions d’euros par an qui, curieusement, ne sont pas versés dans les compte de la GMP mais dans le compte d’une société privée dont le président n’est autre que ce même recteur. Il y a aussi Mehdi Ghezzar, cet entrepreneur disposant de quelques petits restaurants en France et qui s’active entre Alger et Paris pour mobiliser la diaspora algérienne
derrière le régime algérien tout en bénéficiant des largesses de ce dernier. Depuis les plateaux télé en Algérie il fustige à longueur de journée la France en la qualifiant de tous les « maux ». Curieusement cela ne l’a pas empêché à présenter aux autorités française une demande de naturalisation pour obtenir la nationalité française. Une demande bloquée par le ministère de l’intérieur depuis le déclenchement de la crise et la multiplication de ses sorties accablant l’hexagone.
C’est pourquoi tout ce « monde élitiste» est sorti d’un coup pour faire le tour des plateaux télé afin de défendre la posture algérienne, dans l’affaire des influenceurs délinquants et aux relents terroristes, portant indéfendable mais pour laquelle ils ont résolument endossé le maillot vert et blanc (qu’ils ont bien mouillé) au détriment du tricolore.
La gauche française à la dérive
Une bonne partie de la gauche française se dresse toujours contre la France du moment qu’il s’agit d’un malentendu ou d’un conflit opposant Paris à Alger. Cette tendance a été encore une fois dévoilée haut et fort lors du vote du parlement européen pour demander à l’Algérie à libérer l’écrivain Sensal quand Rima Hassan a voté contre, dans le stricte respect de la ligne de Jean-Luc Mélenchon pro-algérienne tous azimuts ! Quitte à cautionner l’emprisonnement d’un intellectuel de nationalité française dont le seul tort est de vouloir s’exprimer librement, Rima Hassan, comme elle l’a exprimé sur X, croit savoir s’opposer à une instrumentalisation de ce dossier contre l’Algérie ! Au sein du même parti, LFI, Manon Aubrey s’est contentée de s’abstenir dans un vote qui ne prêtait à aucune confusion. Autrement dit une lâcheté. En tout cas, une bonne frange de la gauche française a fait le choix depuis des décennies de s’aligner du côté de la France quand il s’agit des prises de becs entre Paris et Alger. Pour des raisons historiques certes héritées de la guerre froide mais surtout pour caresser dans le sens de poil l’électorat franco-algérien installé en France et qui constitue, avec le vote des maghrébins et des musulmans, un foyer électoral indéniable.
En tout cas, les péripéties de cette brouille franco-algérienne n’ont pas révélé tous ses secrets, la cinquième colonne algérienne opérant en France à savoir cette nébuleuse « d’influenceurs » égarés et cette pseudo-élite mal inspirée ne font qu’à paraître en plein jour quand jadis d’aucuns opéraient dans l’ombre pour saper les intérêts de la France.






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