Humanisme et universalisme du “Déluge d’Al Aqsa”

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Dr.Mustapha Taleb
Rabat (Maroc)

 

 

 

Nul doute que l’opération « déluge d’Al Aqsa », lancée par les fidayîn palestiniens le 7 octobre 2023, contre l’armée d’occupation israélienne, a bouleversé le monde entier, l’a secoué, et étonné tant par son héroïsme que par et son humanisme.

En effet, le « déluge d’Al Aqsa » a obligé tous les pays du monde à se tourner vers la tragédie du siècle : Gaza, la martyre, une enclave où à peu près deux millions de Palestiniens mènent une vie de chien (pour ne pas utiliser un autre mot) ; à se tourner vers la Palestine mise encore sous le joug de la colonisation dans une ère qui prétend être de liberté et de droit ; et de surcroît à se tourner vers l’humanité opprimée.
Par son héroïsme car le « déluge d’Al Aqsa », qui est une attaque conçue et réalisée par des militants et non par des militaires, a mis en défaite une armée qui se vante d’être invincible et ultrasophistiquée, tout en la contraignant à demander de l’aide à son allié américain et compagnie. La honte !
On dit que la foi fait des miracles !

Par son humanisme dans la mesure où, les militants palestiniens, notamment ceux de Hamas, traités indignement de « barbares » par les dirigeants sionistes et leurs médias mensongers, ont fait preuve d’humanité et de compassion envers les otages, notamment les personnes âgées et blessées, les mères et leurs enfants. Inutile de rappeler ici que le monde entier a vu les images ou les vidéos émises par les militants de Hamas qui libèrent des otages pour des raisons purement humanitaires. Malgré ces « preuves tangibles », le président israélien Isaac Hertzog et son premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou (qui n’a plus de légitimité politique vu les différents scandales dans lesquels il est mouillé), persistaient dans le mensonge : le premier parla « du plus grand nombre de Juifs morts en un jour depuis l’Holocauste » et le second de « plusieurs dizaines de bébés décapités et égorgés », rappelant ainsi ce qu’appelle un journaliste français « le narratif américain du 11 septembre 2001 » : déclaration de la guerre contre le terrorisme.

Ajouter à cet acte immoral auquel ont pris part le président américain Joe Biden et plusieurs pays européens, le fait que certains otages ont été tués dans les raids israéliens. Effectivement, comme l’ont rapporté les médias, l’armée israélienne n’a pas hésité un instant à sacrifier ses « compatriotes » afin de coller ce crime sur le dos de Hamas ou pour avoir un casus belli qui lui permet de procéder au massacre des habitant de Gaza. D’ailleurs, cette pratique scandaleuse n’est pas étrangère à l’histoire des bandes sionistes, comme la Haganah tuant Palestiniens et juifs non-coopérants dans les années trente et quarante du siècle précédent (à ce propos, je vous réfère au livre-enquête Comment le terrorisme a créé Israël de Thomas Suarez).

Par ailleurs, à l’opposé de l’acte humain des militants de Hamas qui ne visent que les militaires de l’ennemi, l’armée israélienne a riposté par un déluge de bombes sur Gaza visant cette fois-ci son extermination totale : « la solution finale » disaient les nazis. Cela atteste que le nazisme est d’origine sioniste. Cette réalité, l’écrivain et intellectuel juif marocain, Edmond Amran El Maleh, décédé en 2010 à Rabat, nous la rappelle avec des mots clairs : « Depuis la fondation de l’Etat d’Israël, il y a ce racisme qui est consubstantiel à l’idéologie sioniste. Il y a le projet d’une terre juive purifiée de toute présence étrangère donc palestinienne, au nom du peuple élu. Quand on analyse le poids des mots, on découvre à la base une position raciste contre laquelle les sionistes ont voulu se défendre… »

Et de constater : « Je pense qu’il est évident que les utopies s’effondrent (socialiste, national-socialiste). Fatalement, la dernière utopie actuelle, le sionisme, est en train de vivre ses derniers jours, malheureusement dans un bain de sang. » Entretiens avec Edmond Amran El Maleh par Marie Redonnet (2005).
En vérité, le “déluge d’Al Aqsa” a dévoilé l’attitude criminelle et barbare de l’Etat sioniste, longtemps érigé en Etat ultra démocratique alors que c’est un Etat d’apartheid génocidaire qui n’a aucun respect ni pour les autres peuples (les goyim) considérés comme des bêtes, ni pour le Droit international.
Il y a 15 siècles, le saint Coran nous a révélé la nature de ces gens : « Et [rappelez-vous] quand vous dîtes: « O Moïse, nous ne pouvons plus tolérer une seule nourriture. Prie donc ton Seigneur pour qu’Il nous fasse sortir de la terre ce qu’elle fait pousser, de ses légumes, ses concombres, son ail (ou blé), ses lentilles et ses oignons! » – Il vous répondit: « Voulez-vous échanger le meilleur pour le moins bon? Descendez donc à n’importe quelle ville; vous y trouverez certainement ce que vous demandez! ». L’avilissement et la misère s’abattirent sur eux; ils encoururent la colère d’Allah. Cela est parce qu’ils reniaient les révélations d’Allah, et qu’ils tuaient sans droit les prophètes. Cela parce qu’ils désobéissaient et transgressaient. » Sourate La Génisse, verset 61.

Ainsi, pendant 20 jours, sans compter les 17 années de siège, plus de 10000 tonnes de bombes ont été largués sur la bande de GAZA, y compris les bombes au phosphore blanc (interdites par la Convention internationale sur les armes) massacrant, avec préméditation, des milliers d’enfants et de femmes, n’épargnant personne (blessés, médecins, secouristes, journalistes…) et détruisant des quartiers en entier, des hôpitaux, des mosquées, des églises… Un vrai carnage, un vrai génocide ! Mais aussi une grande lâcheté puisque les soldats israéliens sont incapables de vaincre les résistants palestiniens convaincus de la justesse de leur cause.
L’histoire se répète donc, il y a une quarantaine d’années le même crime contre l’humanité a été commis à Sabra et Chatila: “D’un mur à l’autre d’une rue, arqués ou arc-boutés, les pieds poussant un mur et la tête s’appuyant à l’autre, les cadavres, noirs et gonflés, que je devais enjamber étaient tous palestiniens… » écrit Jean Genet dans son Captif amoureux décrivant le massacre des réfugiés palestiniens de Sabra et Chatila au Liban en 1982, et qui avait le courage, contrairement à plusieurs écrivains et intellectuels d’aujourd’hui, de dénoncer la barbarie du « tortionnaire », comme il l’explique :« Je n’ai pas vu cette armée israélienne à l’écoute et à l’œil. J’ai vu ce qu’elle a fait ».

A cause de ces interminables bombardements, Gaza est devenue ville fantôme : sans eau, sans électricité, sans vivres, sans aides humanitaires…Seules les bombes incendiaires « illuminent » son ciel.
Mais ce que l’ennemi a oublié, c’est qu’aujourd’hui, le ” déluge d’Al Aqsa” ne représente pas seulement la résistance palestinienne mais aussi toute l’humanité. Par sa foi et son endurance, il est devenu une source d’inspiration pour les militants des quatre coins du monde qui luttent contre l’injustice, le terrorisme d’Etat, la désinformation et la « phobiecratie » (terme fort utilisé par le grand penseur et futurologue marocain feu Mahdi ElMandjra et qui signifie la politique de gouverner par la peur). Par là même, le « déluge d’Al Aqsa » accède à l’universalisme authentique et non cet universalisme à l’occidental dont Mahdi ElMandjra a dit : « « Le jour où la vie d’un américain ou d’un israélien vaudra la vie d’un ressortissant du Tiers monde en général, ou d’un ressortissant d’un pays musulman en particulier, on se rapprochera de cet universalisme tant proclamé. Les dernières agressions barbares d’Israël nous démontrent à quel point nous en sommes très très loin. » (Tiré de son livre Valeur des valeurs).

Par conséquent, le « déluge d’Al Aqsa » a éveillé les consciences, aiguisé la volonté des hommes et femmes libres de se soulever contre l’abêtissement, la discrimination, contre l’esclavage moderne, contre la dictature politique, médiatique et culturelle de la mondialisation et du nouvel ordre mondial néocolonialiste.
Dans cette perspective, le « déluge d’Al Aqsa » a également le mérite de démasquer l’hypocrisie et la cruauté de l’Occident qui, durant trois siècles, nous rabâchait l’oreille par ses Lumières et ses droits de l’homme, alors qu’il sombrait dans les Ténèbres.
Il est clair qu’en s’alliant aux crimes de guerre commis par l’Etat sioniste, Etat illégitime et illégal, l’Occident (sa gente politique bien sûr) manifeste son fanatisme, son mépris et sa haine envers le monde arabo-musulman et envers les Palestiniens. Il prouve, d’une part, qu’il n’a pas oublié son passé des Croisades, et d’autre part, qu’il est toujours obsédé par : l’Islam et la résistance palestinienne.

Oui, aujourd’hui en pratiquant sa politique de deux poids deux mesures quant à la question palestinienne, l’Occident (ses maitres et ses esclaves) fait montre d’irrationalité, d’égocentrisme, de narcissisme, d’arrogance et de mythomanie. Il fait la sourde oreille aux vraies valeurs humaines de tolérance, d’équité et d’échanges culturels : « Tout ce que l’on réussit c’est exacerber d’un côté l’ethnocentrisme et l’arrogance culturelle caractérisant l’attitude d’un grand nombre de pays occidentaux, et accentuer d’un autre côté la résistance de la majorité des peuples aux agressions culturelles. » (Mahdi Elmandjra Valeur des valeurs).
Certains esprits aveugles et paranoïaques diront qu’en pointant les pays occidentaux du doigt et qu’en défendant le « déluge d’Al Aqsa », nous faisons l’éloge du « terrorisme palestinien », dans ce cas-là, toutes ces manifestations de solidarité avec le peuple palestinien, toutes confessions confondues, aux États-Unis, en Europe, en Amérique latine, en Australie, en Afrique et dans le monde arabe, devront être taxées de terrorisme.
Il est temps d’arrêter cette mascarade ! Il est temps que l’Occident quitte son mutisme et écoute la douleur des autres, notamment celle du monde arabo-musulman.
Les Palestiniens ont le droit de faire leur résistance contre l’occupant israélien, ont le droit de vivre libres et dignes comme les tous les peuples souverains et les enfants palestiniens ont droit à une vie normale comme les autres enfants du monde, car « ils en ont marre d’être traités de terroristes et que la vérité soit déformée » comme l’exprime le réalisateur français Roland Nurier dans son dernier documentaire, Yallah Gaza, filmé dernièrement à Gaza afin de « démystifier les préjugés », selon son expression (et qui sortira le mois prochain en France).

Enfin, il est curieux de constater que cette appellation, « déluge d’Al Aqsa », est très significative car elle est chargée de sens et de symbole. Ainsi le mot « Al Aqsa », qui désigne et la mosquée (mentionnée et glorifiée dans le Coran) et la ville d’Al Qods (Jérusalem), est symbole de spiritualité dont souffre le monde actuel, un monde matérialiste, consumériste, égoïste et agressif. La spiritualité apaise les âmes et les purifie.
Il se trouve que cette spiritualité est renforcée par le mot « déluge » qui a une connotation religieuse. Si le déluge symbolise la colère, l’anéantissement et le chaos, il incarne également la survie et la renaissance, le changement et la purification du mal, des forces oppressantes, obscurantistes et inhumaines.
Alors, pour que l’humanité retrouve la paix et la spiritualité qui lui ont été arrachées, et pour qu’elle réalise le changement auquel elle aspire, elle doit se tourner vers l’avenir et cet avenir est dans le déluge d’Al Aqsa, terre de bénédiction et de rédemption, de libération et de lutte contre l’occupation sanguinaire.

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