Dr.Mohamed Benomari
La Slovaquie bascule, à l’instar de la Hongrie, dans le camp prorusse
L’ancien premier ministre Robert Fico est arrivé en tête des élections législatives organisées samedi, samedi 30 septembre 2023, au terme d’une campagne marquée par des discours promettant de cesser l’aide militaire à l’Ukraine et des messages sur les réseaux sociaux alignés sur les positions du Kremlin.
Déjà rendu extrêmement compliqué par les blocages du premier ministre nationaliste hongrois, Viktor Orban, le fait de mener une politique européenne unie sur la guerre en Ukraine risque de devenir quasi impossible après les résultats des élections législatives slovaques organisées samedi 30 septembre. Le parti national-populiste Smer (« Direction ») est arrivé en tête. Son chef, Robert Fico, redevenir premier ministre.
Le programme de M. Robert Fico se concentre sur les points suivants : « rejeter l’aide militaire à l’Ukraine » parce qu’elle « ne fait que prolonger le conflit », s’opposer « aux sanctions qui font plus mal à l’Europe qu’à la Russie » ou de « normaliser les relations » avec Moscou. Se défendant d’être « prorusse », le candidat assure qu’il veut que la Slovaquie reste membre de l’Union européenne et de l’OTAN, mais il va mettre un terme à la politique du gouvernement pro-occidental sortant, qui était allé jusqu’à donner les MiG-29 de l’armée slovaque à l’Ukraine.
Avec sa petite taille, la Slovaquie est certes un voisin et un allié d’importance relative par rapport à la Pologne ou à la Roumanie, mais M. Fico pourrait permettre à la Hongrie de sortir de son isolement au sein du groupe de Visegrad (qui comprend aussi la République tchèque et la Pologne) et d’unir ainsi deux Etats pour mener une politique de veto anti-Kiev à la table du Conseil européen. A Budapest, M. Orban a d’ailleurs salué « la victoire incontestable » d’un « patriote avec lequel il est toujours bon de travailler ». Le national-populisme qu’il entretient, largement inspiré par celui de son voisin, le Hongrois Viktor Orban, classe Robert Fico sans ambiguïté comme prorusse.
Le congrès américain suspens toute aide à Kiev
En plus du basculement de la Slovaquie dans le camp prorusse qui pèse lourdement sur l’engagement européen au côté de l’Ukraine, en Amérique, le soutien à Kiev semble également devenir un variable casse-tête pour Zelensky. Le sort des urnes en Slovaquie, et le revirement des Américains, constituent l’un comme l’autre un sanglant revers de l’aide occidentale à Kiev.
L’émergence de ce courant risque de peser sur l’engagement européen au côté de l’Ukraine. Les nouvelles venues de Slovaquie interviennent juste après une brouille entre Kiev et Varsovie de M.Doda, là aussi sur fond de compétition électorale acharnée en Pologne, et alors que les efforts de l’armée ukrainienne n’ont pas permis de changer radicalement le rapport de force sur le front.
A Washington, le soutien à l’Ukraine semble également devenir une variable d’ajustement politique. Démocrates et républicains sont parvenus à un rare consensus pour prolonger de quarante-cinq petits jours le fonctionnement de l’Etat, mais au prix du sacrifice de suspendre toute aide à kiev. Ainsi, l’aile droite des républicains et les trumpistes sont les plus déterminés à arrêter toute aide à Kiev.
En somme, comme en Slovaquie, le vote du Congrès est le reflet d’une lame de fond. L’aile la plus trumpiste du Grand Old Party, tisonnée par Trump dont la fascination pour Poutine n’est plus à démontrer, fait certes le jeu de Poutin






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