France-Maroc : une difficile diplomatie humanitaire

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Dr.Mohamed Benomari

 

Après le séisme qui a frappé le Maroc, l’élan de solidarité française avec le royaume a pris une « dimension humanitaire » en raison des liens historiques entre les deux pays.
Ce séisme arrive dans un moment ou Rabat et Paris entretiennent une relation difficile depuis plus deux ans. Rabat reproche à Paris son « appui en demi-teinte », dans l’affaire du Sahara marocain. L’Élysée estime la piste d’une autonomie des « provinces du sud » intéressante mais s’en remet aux Nations unies pour une solution négociée.

Pour faire face à cette difficile situation, la France a débloqué 5 millions d’euros pour soutenir le Maroc. Seulement Rabat a pris la décision de prioriser l’arrivée d’aide en s’adressant au cas par cas à certains pays. Catherine Colonna, ministre des Affaires étrangères a souligné : « J’ai décidé de débloquer 5 millions d’euros sur les fonds de réserve du ministère pour les organisations non-gouvernementales ». « Le Maroc est un pays souverain qui est maître de ses choix, et a pris la décision de prioriser l’arrivée d’aide en s’adressant au cas par cas à certains pays », a réagi la ministre.

Quant au choix du Maroc de ne pas répondre à la proposition d’aide française, Catherine Colonna ajoute que : « Le Maroc est un pays souverain qui est maître de ses choix, et a pris la décision de prioriser l’arrivée d’aide en s’adressant au cas par cas à certains pays ». « Nous nous tenons à la disposition du Maroc à court et moyen terme », a souligné la ministre qui insiste : « si Rabat n’a pas accepté l’aide française, il ne l’a pas refusée ». « Le président Emmanuel Macron avait d’abord téléphoné au souverain chérifien, mais ce dernier, en réunion, n’avait pas répondu avant d’envoyer plusieurs messages. » a-t-elle ajouté.

Selon Elisabeth Pierson, « Rabat ne veut pas se comporter en pays meurtri que le monde viendrait charitablement secourir ». « Quand un État subit une catastrophe, c’est à lui de demander de l’aide. C’est une question de souveraineté. Il n’est pas question pour les secours internationaux de se précipiter dans un pays ». « Le Roi Mohamed VI veut donc garder la main sur son pays. C’est aussi une forme de fierté nationale. Mettez-vous à la place du Maroc. En tant que pays émergent, qui se veut interlocuteur de l’Europe et qui aspire à un statut de puissance régionale en Afrique, Rabat veut montrer qu’il est souverain, capable de piloter les secours, et ne pas se comporter comme un pauvre pays meurtri que tout le monde vient charitablement secourir » conclut Sylvie Brunel, professeure de géographie à l’université Paris-Sorbonne et spécialiste de l’Afrique et des questions de développement et de famine.

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