Dr.Mohamed benomari
Les manifestations au Niger ne sont pas spontanées, elles sont téléguidées par les putschistes qui instrumentalisent facilement la rue, mais aussi par des partis politiques d’opposition, souvent sur des bases de rivalités ethniques, en espérant tirer profit du changement de régime, là où le système démocratique ne leur donne aucune chance d’être élu.
Ils ont repris leurs vieilles méthodes de propagande pour distiller les mensonges les plus éhontés. On retrouve la même mécanique dans tous les pays de la région ayant récemment basculé dans des putschs militaires. La France gêne parce qu’elle est légaliste et loyale. Parce qu’elle est encore influente aussi dans les instances internationales.
Il est édifiant que la raison évoquée par les putschistes soit «la dégradation sécuritaire » face au djihadisme (raison invoquée aussi par les autres putschistes de la région). Mais que ces militaires de hauts rangs n’ont-ils pas pris toute leur part dans cette responsabilité ?
La mission de l’armée française était de protéger l’état de droit menacé par les djihadistes en donnant du temps aux armées nationales pour se former, se structurer et s’équiper afin de faire face.
Si la mission de l’armée française la lutte contre les terroristes, c’est que la tâche est considérable et coûte une fortune à la communauté internationale qui la soutient. C’est aussi qu’une fois structurée et équipées ces armées se sont montrées plus intéressées à commettre des coups d’État en bombant le torse qu’à affronter les djihadistes, ruinant l’investissement consenti et contraignant à prolonger le mandat des intervenants étrangers.
On peut toujours céder à la facilité de se trouver responsable de tous, et il n’y a que ceux qui ne font rien qui ne se trompent pas, mais s’il y a un échec flagrant dans la formation de ces armées, c’est bien de ne pas avoir enseigné que le rôle d’un militaire n’est pas de gouverner son pays et qu’il n’en a ni la compétence ni la légitimité, là où un mécanisme électoral est en place. Que l’honneur d’un militaire est d’obéir au pouvoir politique. D’une certaine façon, il aurait été implicitement inclus dans la mission des forces étrangères engagées au Niger avec un mandat international de restaurer le pouvoir politique légal.






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