Lettre ouverte à Monsieur Brigi Rafini, Secrétaire exécutif de la communauté économique Sahelo-saharienne (CEN-SAD)
Mohammed Farahat
Ancien ambassadeur
Depuis le 26 juillet 2023, et suite à un putsch militaire, le président de la république nigérienne, monsieur Mohammed Bazoum et ses proches collaborateurs sont tenus dans les ténèbres du silence, du secret et des mauvais traitements.
Des réactions politiques de désapprobation et de condamnations se sont manifestées un peu partout dans le monde émanant d’organisations internationales comme l’ONU, d’autres continentales , comme l’union africaine, ou sous régionales à l’exemple de la CEDEAO, qui s’est montrée beaucoup plus active et entreprenante dans l’acquittement de son devoir vis-à-vis d’un pays membre de son gouvernement et de son président.
La CEN-SAD est une organisation sous-régionale africaine à l’exemple de la CEDEAO et des six autres communautés économiques régionales (CER), affiliées à l’Union africaine. Elle ne s’est, jusqu’à présent, pas manifestée. Et pourtant le Niger est membre fondateur de La CEN-SAD. Plus encore le Niger, par votre nom, assure les responsabilités du secrétariat exécutif et ce depuis 2012.
C’est une organisation qui devait en toute logique se manifester et être au devant de la scène.
En effet, à part l’élément militaire, la CEN-SAD ne manque pas de dispositions, de dispositifs, d’instruments ou de mécanisme politique qui lui permettraient de réagir face a un évènement aussi tragique qui touche un pays membre.
Que fait le Secrétariat exécutif ? Qu’attend-il pour réagir et au moins se prononcer ?
Dans d’autres circonstances, je suis sûr et certain que votre prédécesseur, qui doit se trouver malheureusement, dans la situation de captivité, aurait eu suffisamment de courage que d’aucuns lui reconnaissent d’ailleurs et dont je suis particulièrement témoin pour l’avoir accompagné dans l’œuvre de remise en l’état de la CEN-SAD et de sa continuité, malgré les évènements graves qu’ont connu un nombre de pays membres de cette organisation.
Et il se trouve que Monsieur Sani Abani, dont le sort est aujourd’hui inconnu n’aurait pas tenu les bras croisés.
Il devenait évident que depuis 2019, la CEN-SAD allait sombrer dans la déliquescence. Le débarquement de Sani Abani, l’installation du siège à N’Djamena et les changements rocambolesques opérés au niveau de son leadership allaient sonner le glas de la désagrégation.
Qu’attendez-vous monsieur le secrétaire exécutif pour alerter l’opinion publique, inviter les chefs d’État membres de votre organisation a au moins se montrer à la hauteur de leur responsabilité, autrement pourquoi ils avaient choisi d’intégrer la CEN-SAD ?
accompagner la CEDEAO dans son action est un minimum requis quand on a adhéré à un esprit et à des statuts.
Je suis fier d’avoir accompagné mon frère Ibrahim Sani Abani dans son travail et son engagement Sahélo saharien et panafricain et surtout compris pourquoi il a tenu tellement en 2015 à doter la CEN-SAD d’un bras sécuritaire à travers la dotation de la CEN-SAD d’unités militaires de paix et de sécurité et d’unités de lutte contre le terrorisme. Le soutien de l’Egypte était à l’image de sa diplomatie avant-gardiste. D’autres pays membres avaient beaucoup de mal à se laisser convaincre, dont mon pays.
Et bien voilà, nous y sommes.
Mes pensées vont enfin à mon frère Ibrahim Sani Abani, au président Mohammed Bazoum et à leurs proches, en priant le tout-puissant de les protéger et de les assister.
Rabat, le 12 août 2023






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