Par Samir CHAOUKI
La France a choisi, par l’intermédiaire d’un collectif non-gouvernemental, de détourner le processus onusien sur la question du Sahara par une conférence internationale. Une tentative vaine et inutile pour une affaire dont le sort est quasi-scellé.
Le Maroc a repris ses territoires précédemment occupés par l’Espagne et ce depuis un demi-siècle. Il y a tout construit et a fait de Laayoune et Dakhla deux joyaux urbanistiques, avec une population épanouie et une démocratie locale traduite par une régionalisation avancée.
Sur le plan diplomatico-légal, le royaume a toujours respecté le processus onusien et a fait preuve de flexibilité, d’où son plan d’autonomie qui fait l’objet d’une large adhésion depuis 2007. Proposer aujourd’hui une voie de solution en dehors de l’ONU, est à la fois inapproprié et un retour en arrière d’un demi-siècle.
Une affaire sacrée et close pour les marocains
Les signataires de cet appel à une conférence internationale à Paris pour « scruter une autre piste de solution » n’ont en apparence aucune connaissance de l’origine de ce conflit. Faut-il leur rappeler des faits d’histoire aujourd’hui connus de tous, à savoir l’étendue historique de ce conflit créé de toute pièce par des puissances coloniale à des fins géopolitiques hypocrites ? Le royaume réclamait son Sahara entier, y compris la partie découpée par l’occupant français quand il croyait que l’Algérie française ne serait jamais un État indépendant. Il n’y a qu’à voir les déclarations du défunt roi du Maroc feu Mohammed V sur cette question depuis l’indépendance du Maroc en 1956. Son discours à Mhamid Lghizlane en 1959 est un document d’histoire sur cette question.
Aujourd’hui, la marocanité du Sahara n’est pas une affaire du système en place au royaume comme certains milieux répandent injustement. Tous les citoyens marocains ne tolèrent plus de discuter l’appartenance des provinces du sud au Maroc, ce n’est plus que l’affaire de la classe politique ou des gouvernants. Pour preuve, en 1981 déjà, quand le défunt roi Hassan II avait proposé de bonne foi, le référendum dans le Sahara, le leader de l’opposition le défunt socialiste feu Abderrahim Bouabid s’est y est opposé en avançant que « le Sahara est une province intégrée au Maroc et que sa marocanité n’appelle aucun référendum. C’est Révélateur. Alors plus de quatre décennies après, on ne peut faire marche arrière et accepter ne serait-ce un brin de doute sur l’issue de cette question. Il faut rappeler aussi que dès 1983, le Maroc avait fait remarquer que les conditions d’un référendum n’étaient pas réunies et que dès 1991 l’ONU avait émis un avis sur une solution politique et mutuellement acceptée. Le Maroc, en guise de bonne foi, a proposé un plan d’autonomie et qu’aucune force au monde ne pourrait lui imposer une solution en dehors de la souverainté marocaine sur son Sahara. Son rempart est un front national apaisé, soudé, bétonné et incluant tous ses enfants.
Un chantage plutôt qu’un appel
Les auteurs dudit appel, sur les colonnes du journal « Le Monde, utilisent un ton peu diplomatique quand ils « soufflent » un changement de paradigme européen à l’égard de cette affaire. En d’autres termes, ils insinuent un tour de bras forcé, particulièrement à l’égard du Maroc sans le nommer, où l’Europe conditionnerait sa relation au Maghreb au prisme du règlement du conflit du Sahara. Ces gens-là paraissent déjà en déphasage avec la géopolitique mondiale dominée par un conflit euro-européen qu’il y lieu de résoudre d’abord par ces mêmes européens. Or, ils sont incapables d’imaginer la moindre issue sans le leadership américain ! Ensuite, le Maroc qui diversifie de plus en plus ses partenariats hors Union Européenne est conforté dans ce choix quand ce genre de « collectif » brandit la menace par l’économie. Cet appel au relent de chantage est une erreur fatale. Enfin, les trois marocains signataires de cet « appel » gagneraient à expliquer à ces européens, notamment français, que le marocain lambda pourrait vivre en se suffisant au thé et du pain pour sauvegarder l’intégrité territoriale. C’est une affaire d’une nation et non pas d’un régime en place. C’est pourquoi les trois monarques qui ont régné sur le trône du royaume depuis l’indépendance ont traité cette question avec le même prisme : la marocanité du Sahara n’est pas discutable sous aucune condition.
Finalement, cette mauvaise idée serait un plan mort-né car le Maroc est intransigeant par rapport à cette question et le dernier discours royal est on ne peut plus clair : les relations du Maroc seront déterminées à l’aune du prisme quant à cette question. Toute autre tergiversation n’est qu’une supercherie et bavardage.






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