Maroc: Le Dr. Mounir El Kadiri montre le rôle du soufisme pour faire face aux défis de notre époque

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Italiatelegraph Madagh:A l’occasion de sa participation à la 85ème édition des Nuits Al Wissal organisée ce samedi 1er Janvier 2022 par la Mashyakha de la Tariqa Qadiriya Boutchichiya et la fondation al Moltaqa en collaboration avec la fondation al Jamal, le Dr. Mounir El Kadiri Boutchich, président de la fondation al Moltaqa et directeur du Centre Euro-Méditerranéen pour l’Etude de l’Islam Aujourd’hui (CEMEIA), a traité le sujet suivant : « Le rôle du soufisme pour faire face aux défis de notre époque ».

Il a commencé son allocution en insistant sur l’importance de prendre soin du capital spirituel et immatériel pour la réalisation du progrès économique grâce à la complémentarité entre les fondements de la vie intellectuelle, économique, et sociale et la dimension spirituelle et éthique, en particulier vu le besoin pressant de moralisation de la vie publique suite à la généralisation d’idéologie incitant à la séparation entre les valeurs et la pratique politique et économique.

Il a, ensuite, montré les conséquences de cette séparation, principalement : le déséquilibre et le sentiment d’instabilité et d’insécurité intérieurs, la recrudescence du matérialisme qui plongent beaucoup de gens dans la recherche démesurée de plaisirs et la consommation excessive, ainsi que la propagation de l’extrémisme religieux dû à un manque d’ouverture sur l’autre et à une compréhension superficielle et étroite des textes, ce qui attise la violence et le terrorisme dans le monde et menace sa stabilité et sa paix.
Il a, dans ce sens, rappelé avec insistance que la pensée soufie, qui représente l’Islam du juste milieu et ses valeurs spirituels et morales, condamne fermement cette schizophrénie maladive et violente, et que la pensée soufie est une invitation pour une vie saine et apaisée avec soi-même, avec son environnement proche et lointain et avec toute l’existence. Il a également signalé le besoin urgent de ces subtilités dans notre époque contemporaine où l’être humain est en permanence envahi par des envies et aspirations marquées d’individualisme, d’égoïsme et d’irresponsabilité.

Il a, par ailleurs, affirmé qu’il est impératif de s’ouvrir sur l’autre pour construire un avenir commun à travers le retour aux valeurs spirituelles et éthiques de l’islam. Il également attiré l’attention sur le vide spirituel que connait le monde occidental malgré la richesse économique et le progrès scientifique et technologique, qui demeurent toutefois incapables de réaliser le bonheur de l’être humain. Il a, dans ce contexte, insisté sur la nécessité de se tourner vers les valeurs spirituelles et éthiques de l’Islam comme solution réaliste pour guérir les maladies de notre présent et aspirer à un meilleur avenir, car la réalisation de l’équilibre entre l’âme et la matière, entre la vie et l’au-delà, en particulier dans cette époque de mondialisation et de matérialisme extrême, est l’essence de l’Islam et son objectif.

Il a souligné, dans ce sens, la demande sans précédent pour l’éducation spirituelle et éthique, que les voies soufies authentiques et les savants engagés veillent à adapter au contexte de notre époque actuelle.

Il a également montré le lien étroit entre le soufisme et les valeurs humaines universelles, notamment en citant les définitions données par d’imminents savants soufis tel qu’Al Junayd, qui dit dans son livre « Tâj al ‘ârifîn » : « Le soufisme consiste à revêtir toute vertu et abandonner tout vice », pour conclure que le soufisme développe la dimension éthique d’excellence, qui représente le cœur de l’islam et sa vérité.

Il a, par ailleurs, ajouté que la purification et l’apaisement sont des moyens de réaliser la quiétude et la sécurité intérieurs, qui se manifestent par la suite dans une relation de paix avec la famille, l’environnement et tout l’univers. Il a continué en mentionnant le fait que cette noblesse du comportement a fait des soufis des citoyens universels, aimables et propageant l’amour, la douceur, le bien et l’excellence, partout où ils vont, sans violence ni contrainte, mais plutôt grâce à leur exemplarité et leur bon comportement. Il a précisé que tout cela apparait de façon claire dans leur discours, qui est un discours de miséricorde, d’excellence de comportement, de tolérance et de pardon, en citant cette parole d’Ibn Arabi dans ses commandements : « Fais le bien sans te soucier si la personne pour qui tu le fais le mérite, tu seras un homme de bien », ainsi que la parole suivante d’Abu Hamid al Ghazali : « La miséricorde consiste à faire le bien envers les nécessiteux et vouloir le bien pour eux ».

Il a également insisté sur l’importance de préserver notre identité culturelle et civilisationnelle et notre commun culturel authentique face à la mondialisation dévastatrice qui ne reconnait pas la diversité et la différence et vise à propager une culture global et unique qui ne laisse aucune place aux autres identités religieuses et culturelles.

A cet égard, il a affirmé que la communauté musulmane doit tenir compte des réalités du monde actuel et suivre son rythme en termes de développement culturel, d’innovation et de communication. Il a notamment invité à mettre en avant les contenus qui rapprochent les peuples -ou ce qu’on appellent diplomatie culturelle -, et à se protéger contre toute sorte d’aliénation culturelle, morale ou civilisationnelle. Il a également attiré l’attention sur l’importance des valeurs de modération et de juste milieu dans la lutte contre l’extrémisme, la violence et le terrorisme, ainsi que les valeurs d’interaction positive et productive avec notre époque et notre environnement afin de contribuer de façon active et positive à la moralisation et l’humanisation de la civilisation contemporaine.

Enfin, notons que cette 85ème édition des Nuits al Wissal a connu, comme d’habitude, la participation de plusieurs savants et chercheurs, ainsi que la présentation de chants soufis et la diffusion de sessions de sensibilisation sanitaire et juridique. La Mashyakha de la Tariqa a également présenté, à cette occasion, ses condoléances à la famille de la jeune Yzza Slaoui et à celle du jeune Mouad Ibn Mohammed El Kadiri, ainsi qu’à celles de deux jeunes avocats lors de la nuit al Wissal précédente.

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