Italiatelegraph Madagh :Les valeurs éthiques et le rôle de la famille dans leurs transmission aux plus jeunes, la responsabilité sociale et l’importance de la ressentir et la mettre en pratique, la nécessité de l’éducation spirituelle, ainsi que le lien de tout cela avec le développement, sont les axes traités par le Docteur Mounir El Kadiri lors de son intervention, le samedi 11 Décembre 2021, à l’occasion de la 82ème édition des Nuits al Wissal, organisées par la Mashyakha de la Tariqa Qadiriya Boutchichiya et la Fondation al Moltaqa en collaboration avec la Fondation al Jamal.
Il a entamé son discours en assurant que les valeurs éthiques, dans leurs dimensions sociales et scientifiques, sont une composante fondamentale de la personnalité de l’être humain, et que ces valeurs sont des normes et objectifs qui représentent une nécessité sociale, impactant les comportements des individus, leurs orientations, et leurs relations. Il continue en signalant qu’elles représentent un cadre essentiel pour orienter et organiser les comportements des individus et des groupes, en jouant le rôle du contrôleur intérieur (ou intime) qui surveille les attitudes et les agissements de l’individu, illustrant ce propos par la pensée du sociologue Emile Durkheim qui souligne que l’homme n’est pas considéré comme ayant une éthique simplement en adoptant des valeurs éthiques en lui-même mais en les concrétisant et en s’y attachant au sein de la société.
Le président de la Fondation al Moltaqa a, dans ce contexte, montré que l’Islam lie les membres de la société par un lien de cœur à cœur qui les unit dans une même direction et les rassemble autour d’un même objectif, faisant ainsi d’eux une unité solide et cohérente, qui se soutient mutuellement, grâce à l’amour et pour la recherche du bien commun et du bonheur dans la vie d’ici-bas et dans l’au-delà. Il a précisé que ce lien est celui de la foi et de la doctrine enracinée dans les principes de bien et de miséricorde.
Le Docteur Mounir a, par ailleurs, insisté sur le rôle fondamentale de la famille dans l’enracinement de ces valeurs et orientations dans les cœurs des plus jeunes, au côté des autres institutions, et qu’il y a un besoin urgent à ce que la famille se réapproprie son rôle d’éducation, de transmission de valeurs nobles issues de notre culture pure, notre religion et nos coutumes sociétales saines.
Il a ajouté, dans le même sens, que cette opération éducative nécessite de donner l’exemple et de transformer les slogans en actes concrets démontrant leurs efficacité et permettant à nos enfants d’apprendre, en citant plusieurs paroles prophétiques dont celle-ci : « Nul parent n’a légué à son enfant de chose meilleure qu’une bonne éducation ».
Il a également montré que le sentiment de responsabilité est un des fondements de l’éducation musulmane en illustrant ce propos par cette parole prophétique : « Chacun d’entre vous est un berger et chacun d’entre vous est responsable de son troupeau. Le dirigeant est un berger et est responsable, l’homme est un berger pour les gens de sa maison et en est responsable, la femme est une bergère pour le foyer de son époux et pour ses enfants et en est responsable, et le serviteur est un berger pour les biens de son maitre et en est responsable. Ainsi chacun d’entre vous est un berger et chacun d’entre vous est responsable de son troupeau ».
Il a aussi mentionné que les idées, les conceptions et les positions dépendent du temps et du lieu, ainsi que du contexte social et civilisationnel, en citant cette parole de l’Imam Ali Ibn Talib, que Dieu l’Agrée : « N’éduquez pas vos enfants de la même manière que vos parents vous ont éduqués car ils sont créés pour une époque différente de la vôtre ».
Il a insisté sur le fait que chaque être humain demeure socialement responsable de sa personne et du groupe auquel il appartient, et que le groupe à son tour est responsable de lui-même et de la société dans sa globalité, en ajoutant que l’éducation éthique autour des valeurs et des objectifs de la responsabilité sociale est, à la fois, une formation personnelle consistant à développer la conscience – en tant que contrôleur intérieur -, et le résultat d’un apprentissage en société, qui émerge dès le moment où le jeune enfant réalise la responsabilité de ses parents dans son éducation et la satisfaction de ses besoins matériels et moraux, puis se développe progressivement grâce à l’éducation. Il a continué en précisant que, dans les deux cas, l’objectif est le même et consiste à préparer l’individu pour devenir un citoyen conscient de lui-même et de ses responsabilités et œuvrant pour les préserver.
Il a, de surcroit, montré que le fait d’assumer les responsabilités sociales représente un des principaux canaux pour le service du bien commun, et que c’est cela le secret de sa puissance comme élément fondamental et recherché afin de consolider les relations humaines et sociales.
Il a aussi signalé que les grandes entreprises possèdent toutes aujourd’hui un programme de responsabilité sociétale, adapté à leurs environnements de travail, et dont le but est le maintien d’un certain équilibre entre la préservation de l’environnement de travail et de la société en général, et la réalisation des objectifs économiques de l’entreprise.
Il a par ailleurs ajouté que le fait de supporter la charge qui découle de la responsabilité sociale est une valeur globale incluant tous les domaines de la vie : social, spirituel, matériel et politique, et que la religion musulmanes n’interdit pas à l’être humain de chercher à assouvir ses besoins matériels mais invite plutôt à préserver l’équilibre entre ces besoins matériels et les exigences d’une vie en société.
Il a souligné, dans ce sens, que la cohésion de la société, son orientation vers le bien et sa stabilité, sont des prérequis nécessaires dans le chemin vers le progrès et le développement, et que c’est cela le rôle de la dimension éthique et spirituelle. Il a continué en précisant que l’objectif de l’éducation éthique et spirituelle est l’élévation de l’âme pour réaliser la volonté divine dans l’adoration, la purification et le peuplement de la terre, ainsi que la réforme, la recherche du bien commun et la solidarité.
Il a également assuré que l’éducation spirituelle des membres de la société est la véritable porte d’entrée pour la construction d’une citoyenneté sincère et utile, car elle s’adresse à l’essence de l’être humain pour écarter tous les obstacles, afin qu’il devienne capable de réaliser la réforme souhaitée et d’assumer ses responsabilités devant Dieu et Ses créatures, sans se préoccuper uniquement de ses intérêts personnels égoïstes, mais plutôt en se dévouant au service du bien commun et de toute la société.
Il a enfin conclu son intervention en affirmant : « Nous avons la certitude que les horizons futurs de ce système de valeurs du soufisme peut garantir au Maroc une position de chef de file dans le monde post-Covid par la grâce de Dieu, bien qu’il demeure nécessaire de s’entraider, se soutenir et travailler tous ensemble, chacun à son niveau, état et peuple, unis sous la gouvernance bien guidée de sa Majesté le Prince des Croyants, que Dieu l’Assiste, pour concrétiser les objectifs du développement global et durable, réaliser les buts du nouveau modèle de développement et hisser notre pays au rang des superpuissances mondiales ».






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