Le Docteur Mounir El Kadiri montre le rôle du discours soufi dans la propagation des valeurs de tolérance et l’établissement des fondements de la sécurité intellectuelle et sociale

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Italiatelegraph Madagh: La 79ème édition digital des Nuits al Wissal, organisée ce samedi 20 Novembre, par la Mashyakha de la Tariqa Qadiriya Boutchichiya et la fondation al Moltaqa en collaboration avec la fondation al Jamal, a connu la participation du Docteur Mounir El Kadiri, président de la fondation al Moltaqa et directeur du Centre Euro-Méditerranéen pour l’Etude de l’Islam Aujourd’hui, avec une intervention qui s’intitule « Le discours soufi : propagation des valeurs de tolérance, lutte contre le discours de haine et établissement des fondements de la sécurité intellectuelle et sociale ».
Le Docteur Mounir El Kadiri a commencé son intervention en montrant l’importance de la sécurité intellectuelle et sociale pour la réalisation de la stabilité cognitif et l’assimilation de la différence et de la diversité dans toute société, en insistant sur son rôle essentiel pour prévenir le chaos et la destruction. En illustration de ces propos, il a cité l’exemple du discours islamophobe, manifesté dans le crime d’outrage au Prophète (PSL), et qui a été adopté par l’ensemble de l’Europe sous prétexte de la prévalence de la liberté d’opinion et d’expression.

Le Président de la fondation al Moltaqa a également montré que la confrontation souhaitable et l’approche scientifique mature devrait plutôt œuvrer pour limiter ce genre de phénomènes, à travers la formulation de réponses visant à exhiber les vestiges de la mondialisation de consommation sauvage et de l’invasion intellectuelle d’idées destructrices telles que l’islamophobie, ainsi que leurs rôles atroces dans la création du complexe de la peur de la propagation de l’islam et la tentation de le freiner en produisant un discours de haine, en particulier en Occident, et dans le monde plus généralement. Il a appelé aussi à « mettre terme à ces campagnes propices aux conflits des civilisations comme l’annoncent ses précurseurs tel que Samuel Huntington, et à faire connaitre à l’Occident la grandeur du Noble Prophète (PSL) et de son message, et à lutter contre ce discours ennemi de toute réforme de façon général, un discours qui sème la discorde entre les religions, la répulsion entre les peuples, et la confrontation des cultures ».

Le Docteur Mounir a également souligné que la religion musulmane est une religion de vie, de croissance et de développement, qui tient à préserver la stabilité de toute société et à la protéger contre toute turbulence qui pourrait mener à son effondrement ou à semer la querelle entre ses membres. A ce sujet, Il a indiqué que l’islam se caractérise par les valeurs, l’éthique et les recommandations qui préviennent le développement d’un discours de haine et l’empêchent de s’amplifier et se propager dans la société.

Il a alerté sur le fait que le discours de haine et d’intolérance, qui suscite le trouble, la violence, la nervosité et la discrimination parmi les individus et les sociétés, est un discours qui n’apporte aucun bénéfice et qui ne peut trouver écho et s’installer que dans les cœurs malades et les âmes malveillantes, comme en atteste le verset suivant de la Sourat 17 al Isra- (le Voyage Nocturne) : « Dis à Mes serviteurs de tenir des propos bienveillants, car le diable veut semer entre eux la dissension ». Il indique également que pour qu’un discours soit accepté par les gens et leur fasse parvenir sa cause noble, il doit être fondé sur la compassion et non l’abaissement, sur la recherche de leur intérêt et non leur nuisance, et qu’il soit plein de miséricorde et non de dureté.

Il continue en disant que « La miséricorde, la compassion et la recherche de l’intérêt des gens sont des qualités qui ne peuvent se réunir chez un peuple qui tient un discours de haine car c’est un discours très limitatif et egocentrique qui ne laisse aucune place pour la bonne opinion d’autrui et la possibilité de désaccord. C’est un peuple qui a oublié que Dieu Donne par la douceur ce qu’Il ne Donne pas par la violence : « C’est un effet de la Miséricorde divine si tu t’es montré souple à leur égard. Eusses-tu fait preuve de rudesse et de dureté qu’ils se seraient dispersés autour de toi » Sourat 3 Âl Imrân (La Famille Imrân) » ». Il a souligné que les discours du Prophète (PSL) étaient tous pleins de miséricorde, d’attention et de recherche du bien d’autrui, comme l’atteste le verset : « Un Envoyé issu des vôtres est venu à vous, qui est sensible à ce que vous endurez, qui veille soigneusement sur vous et qui est compatissant et miséricordieux pour les croyants » Sourat 9 At Tawba, verset 128.

Le directeur du Centre Euro-Méditerranéen pour l’Etude de L’Islam Aujourd’hui a insisté sur le fait que l’Islam est une religion mondiale qui s’adresse à toute l’humanité et dont les recommandations ordonnent la justice et la tolérance et interdisent l’injustice, la violence et la haine. Ces recommandations établissent les bases de la paix sur terre et invitent au vivre ensemble positif entre les peuples dans un climat de fraternité, de tolérance, indépendamment du sexe, de la couleur de peau, de la croyance ou du pays. Il a souligné que nous sommes tous issus d’une seule âme, comme l’atteste le verset : « Ô hommes, gardez-vous de votre Seigneur qui vous a créés d’une âme unique » Sourat 4 Les Femmes, verset 1.

Il a insisté sur le fait que l’islam accepte l’existence d’un autrui en désaccord, qu’il soit individu ou groupe, et accepte son point de vue en terme de croyance, de conception et de pratique. Il a cité ici le hadith rapporté par sayiduna al Hussayn fils de sayiduna Ali et petit fils du Prophète (PSL) qui dit : « Fait le bien pour ceux qui le méritent et ceux qui ne le méritent pas, s’ils le méritent, tant mieux pour eux, et s’ils ne le méritent pas, tant mieux pour toi ». Il a jouté que l’humanité, sous l’emprise de la haine, l’envie et les conflits pour un mirage fugace et une simple ombre, a besoin de se libérer de toutes ces énergies négatifs qui ne mènent qu’à la destruction et à la ruine.

Il a invité à « utiliser les énergies positives de l’Homme pour distinguer le vrai du faux et retourner à la vérité lumineuse cachée de l’être humain, qui déborde d’Amour et se reflète sur le comportement en revêtant l’homme des qualités de son Seigneur qui a fait de lui son représentant sur terre (khalifa), dans la mesure de sa capacité humaine. Il réalise ainsi l’attribut divin « le Miséricordieux » en étant une miséricorde pour tous, et réalise l’attribut divin « la Paix » (As Salâm) en étant un vecteur de paix et de sécurité pour sa société et une source d’apaisement et de tranquillité, et il œuvre à la purification de son âme et son élévation afin que ses sens soient dénués de toute violation ou péché et son cœur de toute mauvaise pensée et illusion, et il réalise l’attribut divin « L’Immense » (Al Wâsi’) pour qu’il y ait une place dans son cœur pour toutes les créatures, croyant et mécréant, il devient ainsi cet Homme universel qui représente l’humanité dans sa forme la plus noble, l’Homme à la nature primordiale (Fitra) pure et éclatante ». Il a cité ici ces paroles d’al Junayd al Baghdadi : « Le Connaisseur (gnostique) ne l’est véritablement que s’il est comme la terre, piétinée par le croyant et le mécréant, comme les nuages, qui apportent de l’ombre à tous, et comme la pluie, qui arrose tout, ce qui pousse et ce qui ne pousse pas ».

Il a également souligné la contribution de la dimension humaine et mondiale du soufisme « La station de l’excellence », et son discours du juste milieu, dans la conversion massive de gens à l’Islam, en montrant l’impact de l’héritage de Rûmi, Ibn Arabi, Mâlik ibn Dinâr et d’autres savants soufis, dans la propagation de l’islam au quatre coins du monde. Il a assuré que les soufis ouvrent les cœurs et les âmes avant d’ouvrir les pays, en citant cette célèbre parole soufie : « Ne déteste ni juif ni chrétien, mais déteste ton âme qui est entre tes côtes, si elle t’obéit, tout l’univers t’obéira ». Il a attiré l’attention sur l’importance accordé au grand combat (al Jihâd al akbar) par les soufis, qui est le combat contre l’âme charnel, en citant le hadith : « Nous sommes revenus du petit combat au grand combat, on dit : « mais qu’est ce que le grand combat Ô Prophète ? » Il répondit : « Le combat de l’âme » ».

Il a clarifié le fait que le soufisme se base sur la lutte de l’homme contre ses propres défauts et le revêtement des qualités Mohammadiennes grâce à l’invocation de Dieu, la fréquentation des vertueux, la récitation du Saint Coran et la prière sur le Noble Prophète (PSL), afin de laver le cœur de toute souillure et de purifier l’âme de tout orgueil ou envie, et afin que le musulman devienne une source de paix, aimant le bien pour tous. Il a ajouté que « le soufisme, qui s’adresse à l’Homme en le considérant comme une fin en soi, doit améliorer ses stratégies de communication afin de s’adresser aux gens à la mesure de leur compréhension et leur prédisposition, et il doit réfléchir aux moyens permettant de le sortir d’un cadre restreint à ses adeptes à un cadre plus large et généralisé, et doit œuvrer à mettre en place un discours universel capable de s’adresser à la composante spirituelle de l’humanité toute entière, car cette dimension spirituelle est une caractéristique essentielle de l’islam de l’excellence et de la purification.

Il a ajouté que le discours soufi est un discours de tolérance qui élimine le cancer de la haine, et que c’est une invitation explicite à abandonner l’intolérance et la violence qui aveuglent les esprits avant les yeux, génèrent des sentiments négatifs à l’égard de toute l’humanité et mènent au rejet d’autrui même s’il partage la même origine ou religion. Il a souligné que le soufisme est un système d’éthique et de comportement qui défend l’avenir de l’humanité tout entière et l’avenir des prochaines générations.

Le Docteur Mounir El Kadiri a conclu son intervention en insistant sur le fait que « le soufisme sunnite marocain représente une source d’amour et de fraternité humaine et un pilier pour dépasser les conflits entre les peuples et établir de nouvelles formes d’entraide économique et de partage d’expertises, et semer les graines d’espoir, de sécurité et de paix dans les âmes grâce à une approche globale pertinente, sous le haut patronage du prince des croyants sa majesté le roi Mohammed 6, dont toutes les décisions envers son peuple ont été imprégnées de tendresse paternelle, et envers les pays voisins, de sagesse, de clairvoyance et de recherche d’une solution gagnant-gagnant. C’est une politique bien guidée dont le but est toujours de propager l’esprit de l’entraide et de rassembler les peuples autour des valeurs de respect mutuel, de vivre ensemble et de paix, et dont toutes les actions et les initiatives visent le bien du pays et l’intérêt commun de l’homme, ainsi que la création de ponts d’amour et d’harmonie entre tous les pays, ce qui démontre que le Maroc est la citadelle de la tolérance et de la lutte contre le discours de haine et de violence ».

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