Najat ZOUADI
Il s’avère naturel que les racines du flux migratoire étaient de nature économique. Cependant, cette approche, qui est purement économiste ou ouvriériste, se renforce actuellement avec la prise en compte de la dimension politique et culturelle où l’accent se met sur les grandes questions de l’immigration : maîtrise des flux, identité nationale, citoyenneté, nationalité/double nationalité, intégration, réfugiés, multiculturalisme, assimilation, etc.
Notons aussi que si l’immigration est un résultat, elle est également un modificateur qui mène, entre autres, à restructurer l’économie et à réexaminer des valeurs socioculturelles. De plus, la présence des immigrants porteurs de cultures différentes, au sein d’une même société, constitue un espace où se rencontrent de nombreux problèmes. Le déplacement spontané ou même imposé des individus vers une société différente de la leur engendre plus qu’avant les problèmes de la culture et la mise en cause de la personnalité. Ce qui importe ici, c’est l’esprit de l’individu. Celui-ci devient le canal des formations, des idées, des croyances ethniques et religieuses. Chaque déplacement d’un individu a, en effet, des retombées sur les politiques nationales et les relations internationales.
De plus, l’immigration crée inévitablement une plus grande diversité ethnoculturelle. Elle pourrait transformer l’identité et essayer d’effacer les frontières traditionnelles. Les immigrants, surtout les familles, connaissent des changements profonds et continus dans les pays d’immigration où les structures économiques et sociales traditionnelles sont dissolues, notamment à l’ère de la mondialisation. Celle-ci, en tant que processus de transformation né des échanges qui s’établissent entre les différents pays du globe, écarte en quelque sorte les enjeux sociaux et culturels qui sont systématiquement atteints par les modifications perpétuelles du système international. Dans ce contexte, se nouent des liens et se confrontent des cultures. Cette confrontation entre une culture dominante et une culture dominée paraît bel et bien inégale et si les immigrants ne s’adaptent pas à cette situation de confrontation, ils seront exclus. Ils peuvent également se voir privés de leurs droits les plus fondamentaux comme le droit au travail et le droit à la sécurité alimentaire ou même victimes d’une discrimination.
A cet égard, l’immigrant, qui pourrait sentir déchiré entre plusieurs styles de vie psychoculturels et sociaux établis avec sa famille et son environnement, cherche souvent à prouver son attachement psychoaffectif et culturel à sa terre natale. Il exprime, dans les situations auxquelles il est confronté, un sentiment d’angoisse, de peur et d’appréhension. Il peut de même adopter des réactions défensives et de repli sur soi. Pour s’en sortir, la première étape consiste à s’organiser dans la collectivité où il vit. Il cherche un refuge et une défense dans ses liens avec ses co-citoyens. Autrement dit, il retourne à sa culture, comme facteur d’intégration, et à son identité première. C’est une sorte de défense contre la menace extérieure que représenterait l’Autre, l’indigène dans son identité.
Pourtant, l’immigrant, comme tous les citoyens du globe, a tout le droit de défendre son identité, de refuser d’être assimilé, d’être reconnu comme capable de penser en fonction de son propre cadre de référence et de ne pas renoncer à sa personnalité : « Chacun peut se prévaloir de tous les droits et de toutes les libertés proclamées dans la présente Déclaration, sans distinction aucune, notamment de race, de couleur, de sexe, de langue, de religion, d’opinion politique ou de toute autre opinion, d’origine nationale ou sociale, de fortune, de naissance ou de toute autre situation. »






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