L’Europe vire à l’extrême droite Le grand retour des nationalismes

italiatelegraph

 

 

 

 

Abdelhak Najib
Écrivain-Journaliste

 

 

C’est loin d’être une surprise. Tous les indicateurs sont là depuis une décennie pour aboutir à la grande percée des extrêmes droites lors des élections européennes de juin 2024. Les crises étant profondes et installées dans la durée, la récession ayant plongé l’Europe dans l’incertitude, le retour de la guerre, les dissensions sociales qui atteignent des points de non-retour, le repli nationaliste, la montée des partis extrémistes se profilait à l’horizon comme l’aboutissement d’un projet de société européen qui réponds aux doutes dus aux multiples crises par un virage à droite pour se re-cloisonner pointant ainsi du doigt toutes les autres politiques qui n’ont pas réussi à juguler les crises et à redonner confiance aux centaines de millions d’européens dont pas moins de 110 millions sont tombés dans l’extrême pauvreté en l’espace de cinq ans. C’est la preuve par les chiffres des faillites politiques en France, en Italie, aux Pays-Bas, en Suède, en Europe centrale, avec la Hongrie comme tête de liste dans ce virage à droite toute. Sans parler de l’Italie, de la Belgique, de l’Autriche, de la Slovaquie, de la République Tchèque et de la Pologne. Dans ce processus immuable, l’Histoire est claire : les graves crises engendrent les régimes les plus extrêmes. L’Histoire de l’humanité regorge d’exemples, très nombreux, contrairement à ce que d’aucuns peuvent croire, où l’on fait face aux faillites politiques et économiques en basculant vers l’extrême droite, en prônant le fascisme, en tombant dans la dictature d’État. L’Allemagne sous le IIIème Reich, l’Italie de Benito Mussolini, l’ex-URSS de Lénine, Staline et les autres, l’ex-bloc de l’Est, avec Tito, Ceausescu, Honecker, Jaruzelski et tant d’autres figures de cette Europe qui a toujours flirté avec le pire. Aujourd’hui, les nouveaux visages de cette Europe fortement nationaliste sont : en France le Rassemblement national qui a raflé presque un tiers des voix lors de ce scrutin européen, un véritable ras-de-marée qui a poussé le président de la République française, Emmanuel Macron, à dissoudre l’Assemblée nationale française. En Italie, c’est le parti Fratelli d’Italia de la Première ministre italienne Giorgia Meloni qui monte en puissance sur l’échelle européen après avoir mis presque tout le monde d’accord à Rome. Ce sont là deux grandes nations européennes qui renouent avec l’extrême droite. Les conséquences d’une telle victoire sont dangereuses à plus d’un égard pour l’ensemble du continent qui se barricade et bascule dans la xénophobie assumée, le racisme grandissant et affiché et le rejet de toutes les communautés non européennes. À ces deux partis, il faut ajouter les deux groupes les plus à droite du Parlement européen, les Conservateurs et réformistes européens (CRE) et le groupe Identité et Démocratie (ID). À eux deux, ils contrôlent 131 sièges dans l’hémicycle. Il faut également leur ajouter les 15 députés de l’AfD, le parti Alternative pour l’Allemagne), les dix élus du Fidesz du Premier ministre hongrois Viktor Orbán, les six membres du parti polonais Confédération et les trois représentants du parti bulgare pro-Kremlin Vazrazhdane, Réveil. Il n’y a qu’à voir les noms des partis pour se faire une idée sur les idéologies qui sous-tendent ces formations politiques qui prônent un retour aux Nations mères, avec le réveil du peuple européen, pour constituer des alternatives aux politiques défaillantes des partis au pouvoir aujourd’hui. Ailleurs, on l’a vue avec la montée en puissance de Meloni en Italie qui a porté un coup fatal à la Ligue, le parti de Matteo Salvini, qui était le principal parti du groupe ID et qui a perdu deux tiers de ses sièges lors des dernières élections européennes. En Espagne, ce n’est pas plus heureux pour les démocrates puisque le parti Vox a pris un sérieux coup sur la tête par la formation “Se acabo la fiesta”, que l’on traduit par “La fête est terminée”, un nouveau parti dirigé par Alvise Pérez. Autrement dit, pour tous ces partis représentant la majorité des pays européens, il est temps de redresser la barre et de s’occuper des affaires politiques en balayant d’un revers de la main tout le passé européen d’ouverture et de conciliation avec les communautés étrangères, qui doivent aujourd’hui craindre le pire. Cette même menace délétère souffle en Autriche, aux Pays-Bas, en Pologne, en Roumanie et dans les Balkans. Cette contamination de l’extrême droite qui se nourrit certes du retour de la guerre en Europe, avec l’invasion de l’Ukraine par la Russie de Vladimir Poutine, s’appuie surtout sur l’invasion d’idéologies barbares qui ont construit leur lit depuis plus de deux décennies franchissant chaque fois un nouveau palier dans la haine, la division et la stigmatisation des autres par l’instrumentalisation des médias qui ont presque tous viré à droite. Ce climat instable, avec de nombreuses inconnues, favorise toujours le retour des fascismes quelles que puissent être leurs bannières et montre à quel point l’Europe est à bout de souffle et en fin de cycle.

italiatelegraph


Potrebbe piacerti anche
Commenti
Le opinioni espresse nei commenti sono degli autori e non del italiatelegraph.
Commenti
Loading...